Eminent expérimenté

La réponse du Haut-commissaire (http://wp.me/p4gXdJ-C) s’efforce à démonter qu’il ne porte aucune responsabilité dans les conséquences tragiques de la tempête Xynthia. Il considère même qu’« évoquer cette tragédie de façon allusive pour semer la confusion dans l’analyse d’une question administrative calédonienne paraît pour le moins choquant et déplacé ». Pourtant, ni confusion, ni allusion, rien de choquant et de déplacé.

Aucune confusion. Il ne s’agit pas d’une « question administrative calédonienne » mais bien d’une question politique, puisque nous ne sommes pas ici dans le cadre d’une décentralisation tels que les préfets en connaissent en Métropole, mais dans des transferts de compétences qui constituent l’essentiel de la souveraineté partagée dans le cadre de l’Accord de Nouméa.

Aucune allusion. C’est Jean-Jacques Brot qui tient à se justifier en indiquant qu’il n’a pas commis de faute professionnelle dans la gestion de la crise Xynthia. Il s’agissait simplement d’apporter un éclairage aux lecteurs calédoniens qui s’interrogent sur les propos du Haussaire, lequel doute de la possibilité de transférer la sécurité civile à la Nouvelle-Calédonie faute de pouvoir transférer en même temps une partie de la cervelle des préfets. Les Calédoniens ont le droit de savoir quelle est cette fameuse « expérience de trente ans qui fonde la capacité du corps préfectoral à gérer les crises ». C’est pourquoi il a semblé nécessaire d’évoquer l’exemple de la gestion de la tempête Xynthia.

A la décharge du préfet, il venait effectivement de prendre ses fonctions quelques jours auparavant… mais bon, quand on a trente ans d’expérience… Et puis le rôle du préfet est de prendre des décisions sur la base des informations qui lui sont communiquées par ses services et la capacité à prendre les bonnes décisions dans l’urgence. C’est bien tout le problème, y compris quand on a trente ans d’expérience.

La preuve puisque le rapport n°554 du Sénat du 10 juin 2010 relève quand même « de graves défaillances dans l’anticipation du risque » et « une vigilance insuffisamment opérationnelle ». Il est également précisé : « (…) Il apparaît clairement que l’impact réel de la tempête n’a pas été parfaitement anticipé dans sa nature (…) ni dans son intensité (…) » Pas d’allusion, un rapport du Sénat.

Ni choquant, ni déplacé. Il serait donc choquant et déplacé de prendre un exemple récent de gestion de crise dans laquelle était impliqué le Haut-commissaire, alors qu’il était préfet, pour tenter de comprendre en quoi « la cervelle des préfets » serait aussi indispensable à la Nouvelle-Calédonie, au point qu’on puisse se demander s’il est raisonnable d’effectuer le transfert de la sécurité civile. Hormis le mythe du super héros qui semble bien peu adapté à la situation qui nous concerne, les critiques ci-dessus mentionnées incitent à la prudence.

On comprend bien, au travers de différents rapports de l’Etat, que celui-ci ménage les hauts fonctionnaires et cherche à faire porter le chapeau aux élus locaux. Certes, de nombreux points relatifs aux constructions sur zones inondables interpellent sur d’éventuelles responsabilités des élus, mais ce dont nous parlons ici, c’est de gestion de crise et de l’opportunité d’évacuer les habitants plus tôt. Cela relève bien des prérogatives du préfet qui, d’ailleurs, ne s’étend pas sur le sujet.

En conclusion, pas plus de confusion que d’allusion, pas même une évocation choquante et déplacée… Juste un article étayé par des exemples. N’est-ce pas le moins qu’on puisse attendre au sein d’une société démocratique ?

Th. S.

 

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