Les préalables à l’éventuelle solution consensuelle mis au grand jour

Même si Paul Néaoutyine s’en défend, déclarant qu’il n’y a pas de préalable minier, force est de constater, au lendemain du 11e comité des signataires que la stratégie nickel est bien devenue un enjeu majeur, sans lequel il sera bien délicat de trouver une solution. Pierre Frogier, lui-même, au sortir du rendez-vous de Matignon, en a convenu : « Nous n’arriverons pas sereinement à trouver une solution politique institutionnelle si nous ne réglons pas préalablement le problème du nickel, si le Nord, le Sud et l’opérateur historique SLN ne se mettent pas d’accord. »

Bien évidemment, il reste maintenant à connaître les éléments susceptibles de rassembler le plus grand nombre autour d’une stratégie partagée et surtout capable de valoriser au mieux le nickel pour qu’il rapporte encore davantage à la Nouvelle-Calédonie. Toutefois, avant la prochaine conférence des présidents chargée de discuter de ce dossier, il semble évident que l’essentiel du débat va tourner autour de la prise de majorité dans le capital de la SLN. C’est le souhait politique des indépendantistes et le vœu économique de la SMSP.  

Prudence et réserves 

 Il va sans dire que les négociations vont être âpres et tendues, et qu’elles risquent aussi de faire quelques déçus. Mais ce dossier n’est pas le seul dans la lourde balance de l’éventuelle solution désormais évoquée au grand jour. Le transfert de l’article 27 est un autre enjeu majeur, sans doute encore plus crispant et sensible que la stratégie nickel.

Le FLNKS considère en effet que cette compétence, même si elle revêt un caractère optionnel, fait partie intégrante de l’Accord de Nouméa et qu’au terme du processus, il ne doit donc plus subsister que les compétences régaliennes. Dans l’autre camp, même s’ils sont peu nombreux à s’être exprimer clairement sur le sujet, à l’exception du MPC de Gaël Yanno résolument opposé à ce transfert, la prudence est de mise. On ne sait pas trop ce qu’il en est réellement, ce qu’en pense le RUMP, ce qu’en dit Calédonie ensemble. Nul doute que les langues se délieront un peu durant la campagne des provinciales.

 Le chemin est encore long

 En attendant, il a été de bon ton, à l’issue de ce rendez-vous avec l’Etat, de clamer que le rapprochement est en vue. Cela n’engage bien évidemment que ceux qui veulent le croire. Les observateurs attentifs, eux, savent bien que le chemin est encore long, très long même, avant que les points de vue puissent espérer atteindre la convergence minimale. 

Un but qui ne pourra être atteint sans causer encore moult tourments au sein d’électorats qui peuvent encore penser qu’on leur cache pas mal de choses et qu’on leur raconte de belles histoires pour éviter les sujets qui fâchent. 

Th. S .

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s