Lorsque Goa les laisse coi

Il est curieux, pour ne pas dire stupéfiant, de constater combien certaines déclarations  peuvent susciter le débat voire la polémique et d’autres, qui le mériteraient tout autant, rester sans aucune réplique. Ces dernières semaines, les remises en cause de la justesse du corps électoral provincial, proclamées par Roch Wamytan puis Louis Kotra Uregeï, n’ont pas attendu pour être fustigées notamment par le MPC et l’UCF.

En revanche, les propos de Daniel Goa, pour qui « nous sortirons de toute façon indépendants », n’ont pas suscité le moindre commentaire. Tout juste avons-nous entendu la célèbre chroniqueuse du lundi, sur les ondes si chères au RUMP, nous dire que le président réélu de  l’Union calédonienne était beaucoup « plus mesuré » que le président du Congrès. C’est dire s’il est permis de douter de la justesse et de la pertinence de certaines analyses. 

En effet, entendre M. Goa déclarer qu’au bout des trois référendums, si c’est non, « on renvoie alors le colonisé et le colonisateur en bilatéral, c’est-à-dire une discussion avec l’Etat », lequel « ne peut que nous donner l’indépendance », c’est sans aucun doute beaucoup plus modéré que le corps électoral « faussé » et « tronqué » de M. Wamytan. 

Plus sérieusement, nous attendons avec impatience que les élus non-indépendantistes sortent de leur mutisme, sur ce sujet, et nous présentent les arguments qu’ils peuvent opposer aux certitudes de l’Union calédonienne. Quelles alternatives crédibles proposent-ils à ce scénario dans lequel il faudrait donc que tout le monde monte « dans le train au moment où celui-ci démarre » ? D’autant que si la locomotive et les wagons de M. Goa peuvent effectivement partir, on ne sait pas vraiment où ils vont.

En dehors des slogans et des traditionnels poncifs, dans les deux camps, on peine à présenter un véritable projet de société viable et pérenne. Ainsi, on ne sait toujours pas, avant même de parler d’indépendance totale, comment nos élus comptent financer les compétences transférées lorsque l’Etat ne nous accompagnera plus. Et faire croire, comme l’essaient encore certains, que cette précieuse manne financière est éternelle relève autant de l’illusion que du mensonge.

« L’indépendance, nous y sommes », a clamé le PALIKA, l’autre composante de poids du FLNKS, lors de son récent congrès à Hienghène. Voilà encore un constat qui mériterait quelques précisions et réactions. Une nouvelle fois, la même impression prédomine en cette fin de mandature, à savoir que les indépendantistes avancent, sûrs de leur fait, et que leurs partenaires-adversaires de l’Accord de Nouméa semblent plus que jamais dans une impasse, peinant à en trouver la sortie. Vous avez dit résignés ?

Th. Squillario

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