Frais bancaires : peut-on mieux faire ?

Après des semaines de négociations, l’Etat représenté par le Haut-commissaire a obtenu une réduction des tarifs sur 16 prestations bancaires. Ces baisses varient selon les services entre 25 et 30%. C’est bien, mais certains estiment aujourd’hui que l’on aurait dû faire un peu plus 

 

Mandaté par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, Jean-Jacques Brot s’est félicité de l’accord enfin trouvé avec les banques de la place. Il est vrai que ces dernières ont mis toute la mauvaise volonté du monde dans les négociations avant de parvenir à un accord. Tels des soukiers de la place Al Jaffna, les banques ont mégoté pendant des semaines, n’accordant chichement que 5% de baisse sur certaines prestations et, parfois, échelonnée sur deux ans ! 

Tout ceci dans le but de ne lâcher à l’Etat que le minimum, à savoir 25 à 30%. Rappelons enfin que les promoteurs de cette mesure de lutte contre la vie chère, les députés Gomès et Lagarde, réclamaient la gratuité des prestations, sinon jusqu’à 50% de baisse ! Mais l’Etat ne dicte pas sa loi aux banques. Se trouvant dans une situation financière et budgétaire catastrophique, il a trop besoin d’elles. Il a donc fait mine de froncer les sourcils et de n’être pas content mais a crié victoire à l’annonce des 30% octroyés. A l’évidence, et dans un autre contexte, on aurait pu faire mieux. 

Le silence de l’amer

La publication du communiqué du Haussariat annonçant la conclusion d’un accord avec les établissements bancaires n’a été suivie d’aucun commentaire. A l’exception de Calédonie ensemble, les partis politiques sont restés étonnement silencieux. Il faut dire que, notamment à droite, aucun d’entre eux n’aurait misé un franc nickel sur la conclusion d’un tel accord. Nombreux sont ceux qui misaient d’ailleurs sur un échec de l’affaire. 

L’accord ayant été conclu, ces mêmes partis politiques font mine de regarder ailleurs. Plus étrange, cependant, ce sont les réactions tardives des syndicats, en l’occurrence de FO et de l’USOENC. Le premier, par la voix de Didier Kaddour, et le second, par celle de Didier Guénant-Jeanson, ont réagi pour dénoncer le peu d’ambition de l’accord conclu et le fait que tout le monde se soit fait berner par les banques dans cette affaire. Cette réaction est d’autant plus surprenante qu’elle est tardive. 

Or, il faut constater que ces mêmes syndicats se sont surtout bien gardés de monter au créneau sur les frais bancaires, en particulier FO dont le secrétaire général a fait toute sa carrière dans les banques. Comme s’il avait eu quelques préventions à s’en prendre à ses anciens employeurs ! Ceux qui ont mené le combat contre les tarifs bancaires auraient plutôt apprécié un coup de pouce de la part de ces organisations, plutôt que des leçons à retardement.

Un retour en arrière

L’affaire est-elle pliée ? Calédonie ensemble semble croire qu’il faudra tôt ou tard remettre le métier sur l’ouvrage et contraindre cette fois les banques à procéder à un alignement des tarifs bancaires calédoniens sur ceux de la Métropole. Vœu pieux ? On voudrait ne pas le croire, mais la force du lobby bancaire est telle qu’il n’est pas certain que l’on y parvienne. 

Quand on pense que les banques calédoniennes se refusent à participer au financement du Médipôle de Koutio et que tout le monde dit amen à ce camouflet, on se dit que nous ne sommes pas arrivés au bout de nos peines ! 

 

Thierry Borde

@ ThBorde

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