Lorsqu’un rapport en dit plus sur les inégalités

Fin 2012, à la demande du gouvernement calédonien, l’Autorité de la concurrence a rendu un rapport confidentiel, signé par Geneviève Wibaux. En quelques lignes et chiffres, les inégalités calédoniennes deviennent aussi flagrantes qu’inquiétantes…

 

 

Il ne faut pas trop attendre, en lisant ce rapport, avant de découvrir les terribles maux de la société calédonienne. Page 6, dans le chapitre consacré à l’état des lieux, Mme Wibaux résume parfaitement la situation.

« Si la croissance est soutenue et le taux de chômage faible, il existe une inégale répartition des richesses qui n’est qu’imparfaitement corrigée par les politiques publiques. Ainsi, comme le note le rapport Nouvelle-Calédonie 2025 – diagnostic et enjeux – qui fait référence à l’enquête ‘‘budget et consommation des ménages (BCM)’’ conduite en 2008 :

  • 20% des ménages ayant les plus hauts revenus reçoivent 46,6% du total des revenus des ménages calédoniens et ces ménages reçoivent en moyenne 940 000 francs CFP par mois (7 833 euros) soit 40% de plus que les 20% des ménages métropolitains ayant les plus hauts revenus (données INSEE 2006) ;
  • 21% des ménages sont sous le seuil de pauvreté relative soit un taux triple de celui de la Métropole et double de celui de la moyenne OCDE. »

Mais ce n’est pas tout.  Cette inégalité des revenus est également accrue par le niveau élevé des prix. « Selon le rapport Nouvelle-Calédonie 2025, écrit encore la rapporteure auprès de l’Autorité de la concurrence, qui confirme le rapport Syndex : « Les prix pratiqués en Nouvelle-Calédonie se placent à niveau record (…) la Nouvelle-Calédonie se situe entre le 2ème et le 3ème pays le plus cher au monde selon le classement par l’indice Big Mac. » Cet indice intègre de multiples composants locaux : travail salariés, produits manufacturés, produits agricoles, immobilier commercial, énergie, etc.

La faillite de Martin

Un peu plus loin dans son exposé, Mme Wibaux reprend un extrait du discours de politique générale d’Harold Martin du 28 novembre 2011 : « Notre modèle économique est fragile, car la richesse que nous produisons est mal répartie. Mal répartie, entre le travail et le capital. Mal répartie, entre les Provinces et les communes qui les constituent. Ces inégalités, sociales et spatiales, menacent notre croissance, menacent nos équilibres sociaux. Les inégalités de revenus ne sont pas l’apanage de la Calédonie. Mais, ici comme ailleurs, elles risquent de bloquer notre croissance à moyen terme. »

Malgré ce constat lucide, force est de constater, plus de deux ans après, que le président du gouvernement n’a rien mis en œuvre, pas la moindre réforme d’envergure, pour réduire ces inégalités. Les menaces sont clairement exposées, mais rien pour les réduire, voire les anéantir. D’ailleurs, ce n’est pas le seul grand écart de M. Martin entre les belles paroles et les actes. Nous aurons donc l’occasion, dans notre édition papier du vendredi 31 janvier, de revenir plus en détail sur cette faillite aussi générale que le discours qui l’a précédée.

Th. S. 

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