Les étranges idées du professeur Yanno

C’est une des constantes de notre démocratie : à chaque élection, un candidat cherche à se distinguer en proposant des idées auxquelles on ne s’attend pas tant elles paraissent farfelues, incongrues et finalement irréalisables. Ce sera encore le cas cette année à Nouméa

Dans un passé pas si lointain, il y eut Coluche, mais de tout temps, ces phénomènes ont existé. Aux législatives de 1893 à Paris, un dénommé « Captain Cap », soutenu par l’humoriste Alphonse Allais, s’était présenté avec comme seul programme l’aplanissement de la butte Montmartre. Il avait obtenu 2% des suffrages ! Chez nous, en 2008, Sonia Lagarde nous a proposé un tramway, une sorte de projet pharaonique auquel personne n’avait cru et qui, cette année-là, lui avait sans doute coûté son élection à la mairie de Nouméa. Cette fois, c’est Gaël Yanno qui se met en évidence en nous proposant d’aller installer l’aérodrome de Magenta en baie de Koutio !

Un but à atteindre

Cette idée, que tout le monde a commentée, est en effet loufoque à plus d’un titre, mais en plus de cela, elle est mal présentée, y compris dans un très beau flyer largement distribué et dont la conception a dû coûter bonbon ! Mais au-delà de ce fait, deux points nous semblent importants. D’abord, et même si sur ce coup-là c’est sans doute à son corps défendant, Yanno a fait parler de lui, ce qui est toujours bien dans une campagne. Il en est en effet en politique comme en produit vaisselle, qui veut que la citation de Léon Zitrone selon lequel « qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est que l’on parle de moi ! », est un but à atteindre. Yanno d’une certaine manière a eu tout bon. C’est moins vrai sur le second point.

Tout a un prix

Parce que les enfants Lafleur financent une partie de sa campagne, le premier adjoint au maire est bien obligé de leur laisser parfois une petite place. L’idée de l’aérodrome, présentée depuis des lustres par Jacques Leguéré, compagnon d’Isabelle Lafleur, fait partie du prix à payer ! Même Elisabeth Nouar, dans sa chronique du lundi, le souligne lorsqu’elle dit : « Le coup de l’aérodrome, c’est une idée du RPC qui l’a depuis longtemps dans ses cartons. Et même s’il n’est pas convaincu de sa pertinence, le MPC ne pouvait pas la refuser, parfois, l’union a un prix. »

Mais cela signifie aussi que Yanno n’est plus tout à fait maître de sa campagne, le voilà contraint de composer avec ses alliés du RPC et du MRC. Où sont ceux de son camp qui pensent et élaborent des stratégies, les Backes ou les Champmoreau ? On les dit sur la préparation d’autres combats, comme les provinciales, voire même déjà sur cette législative partielle qui pourrait advenir si Sonia Lagarde était élue maire. La vérité est que l’arrivée du clan Lafleur et de puissance financière aux côtés de l’ancien député, a provoqué non pas des dissensions, mais quelques crispations sévères à la tête du MPC. La campagne à venir le confirmera peut-être…

Th. Borde

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