Un parfum de scandale ?

La nomination d’Eric Backes comme directeur de la sécurité civile n’est pas normale. Ce cas de figure illustre combien certaines pratiques encore en vigueur en Nouvelle-Calédonie sont condamnables

Sonia Backes est heureuse. Son mari est enfin directeur de la Sécurité civile.

Sonia Backes est heureuse. Son mari est enfin directeur de la Sécurité civile.

 

Ce haut fonctionnaire n’est pas nommé à ce poste – c’est enfin officiel depuis le jeudi 13 février – en raison de ses capacités en terme de sécurité civile, mais parce qu’il est le mari de Sonia Backes dont l’avenir en tant que membre du gouvernement est très incertain et que lui-même est en délicatesse pour des raisons politiques avec la Province sud, son dernier employeur ! En clair, il s’agit bien de trouver un poste au mari de la « ministre » avant les élections provinciales.

Eric Backes n’a en effet aucune capacité, sinon les diplômes afférents, à occuper ce poste éminemment technique. Or, la sécurité civile est un secteur particulièrement sensible, en cela qu’une mauvaise décision peut avoir des conséquences directes sur la vie des gens. Faut-il rappeler que le passage de la dépression Edna sur notre territoire a fait deux morts, dont un enfant de six ans !

Nomination rapide

Etre à la tête d’une telle direction réclame des compétences que M. Backes, qui ne peut justifier que d’un vague stage dans une vague préfecture, ne peut prétendre posséder. En Métropole, les directeurs départementaux de la sécurité civile sont ou des préfets ou des officiers supérieurs de l’armée ou des sapeurs-pompiers. Eric Backes n’a aucun galon sur ses manches !  Rien n’empêchait le gouvernement de nommer à ce poste un fonctionnaire qualifié, venu de Métropole et dans le même temps de former des Calédoniens, de manière à ce que, dans un avenir proche, ils puissent prendre les rênes de cette direction. La loi sur l’emploi local prévoit justement ce cas de figure. Le gouvernement Martin-Backes a préféré passer en force, mais non sans mal, puisqu’il se dit même qu’il a tout fait pour décourager les autres candidatures déposées, en particulier celles de Jean-Paul Grangeon (DASS) et de Bernard Chérioux, secrétaire général adjoint du gouvernement !

Ces pratiques sont d’un autre âge, d’une époque que l’on croyait révolue, mais dont on constate qu’elles perdurent. Et si l’on se focalise sur le cas Backes, que dire du cas Garcia ! Le détachement de Pierre Garcia en tant que directeur de la direction du Travail arrive normalement à son terme en juillet prochain, date à laquelle on devrait donc lui trouver un successeur. Mais le gouvernement Martin-Backes cherche déjà à le remplacer. De toute évidence, le duo a quelqu’un dans sa manche à placer à la tête de cette direction et il veut le faire vite, avant le 11 mai, date des provinciales !

Changer les règlements

Les comptes sociaux sont dans le rouge, la situation économique inquiète avec raison, la fiscalité est sinistrée, la lutte contre la vie chère est loin d’être gagnée, mais le gouvernement Martin-Backes dépense toute son énergie à essayer de placer ses pions ! Sans doute faudrait-il songer à modifier la loi organique pour qu’à l’avenir, aucune nomination à des postes de direction ne soit possible dans le trimestre précédent des élections majeures comme les provinciales. Si cela pouvait éviter le népotisme et les copinages !

Thierry Borde

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