Far West

La Nouvelle-Calédonie aurait-elle basculé du côté obscur de la force ? Très certainement. Après avoir résisté des années durant, la digue a craqué sur toute sa longueur et laissé pénétré sur notre sol la forme la plus vile et la plus violente de la délinquance

La lecture des Nouvelles est confondante : pas de jour sans agression, meurtre, homicide, coups de feu, de tamioc ou de couteau… Tout porte à croire que le temps de la délinquance du petit voyou désœuvré ou qui cherche à se faire bien voir des copains et des filles, est terminé. Place à ce qu’il y a de pire, avec cette question lancinante et à laquelle il va bien falloir répondre : mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Les points sur les i

Pendant des lustres, les Calédoniens se sont glorifiés de pouvoir laisser leur voiture portes ouvertes et clé sur le contact, sans crainte de se la faire dérober. Récemment, à la Foa, un petit vieux que tout le monde connaissait et appréciait est mort des suites d’une agression, tabassé par un jeune qui en voulait aux quelques billets que sa victime détenait dans sa poche ! Sans parler de ce qui s’est passé à Ouégoa, à la Vallée du Tir, à Koutio ou un peu partout en Calédonie ces derniers mois. On pressent que les statistiques 2013 de la délinquance en Calédonie non seulement vont exploser par rapport à 2012 mais qu’elles vont montrer surtout un accroissement du nombre des crimes les plus graves.

On doit ce phénomène à plusieurs causes : la société calédonienne est désormais incapable d’apporter une véritable réponse et ses systèmes – familiaux, éducatifs, coutumiers, judiciaires – qui pouvaient faire levier sont à la dérive. Il y a donc un problème sociétal de fond, mais à la périphérie viennent se conglomérer des points majeurs comme la levée du drapeau et la réglementation sur les armes. La levée du drapeau du FLNKS, en ce qu’elle a fait croire à une jeunesse kanak désœuvrée et violente qu’elle était le signal qu’il n’y avait plus qu’à se servir, a eu un effet direct sur la hausse de la délinquance. Quant aux armes, c’est une évidence que le choix fait par démagogie et en toute légèreté par les politiques, a constitué une erreur grave que l’on ne sait plus aujourd’hui comment réparer.

Trop tard ?

N’est-il pas trop tard en effet pour tenter de remédier à ce catastrophique état de fait ? Pas un candidat aux municipales, quelle que soit la commune dans laquelle il fait campagne, qui ne place la sécurité en tête de ses priorités. Les Calédoniens sont-ils dupes ? Eux qui, depuis trente ans, depuis Jacques Lafleur et consorts, entendent le même discours sécuritaire qui se veut viril et déterminé, mais dont on a vu les limites puisqu’en trente ans, les choses n’ont fait qu’empirer.

Parce qu’en définitive, il en va de la sécurité, comme du tourisme, de l’économie, du BTP, de l’agriculture… une mauvaise politique, une absence de volonté et de travail, une vision fausse et floue, des erreurs politiques majeures, ont conduit à la déliquescence du système. Et aujourd’hui les équipes nouvelles qui vont surgir des urnes de mai, auront bien du pain sur la planche pour remettre les choses dans le bon sens !

Th. Borde

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