Les indépendantistes : combien de divisions ?

Louis Kotra Uregeï est pour l’heure un obstacle à l’unité indépendantiste.

Louis Kotra Uregeï est pour l’heure un obstacle à l’unité indépendantiste.

Il faut toujours lire ce qu’écrit le PALIKA : c’est riche d’enseignement. Dans une récente livraison, le journal du Parti de libération kanak laisse entendre que si tout le monde est d’accord avec le projet de liste unitaire dans le Sud, on n’y est pas encore parvenu. De quoi méditer…

 

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les indépendantistes ont en effet tout intérêt à s’unir dans le Sud s’ils veulent décrocher des sièges. Partis divisés en 2004, ils ont disparu de la scène politique provinciale pour y faire leur retour en 2009 via une liste d’union.

Pour 2014, ils ont acté le principe d’une liste unitaire, ce qui tombait sous le sens. Mais les choses de 2014 ne sont pas celles de 2009. L’apparition du Parti travailliste et les ambitions de son président, LKU, ainsi que la dissidence du PALIKA de la Dynamique unitaire sud ont changé la donne. Les indépendantistes veulent partir unis, mais ils n’ont jamais été aussi divisés !

La prééminence du FLNKS

Pour le parti de Paul Néaoutyine, la question est simple : l’union oui, mais sans Kotra ! C’est le Parti travailliste qui a pris la place du PALIKA dans les îles et c’est le même parti qui pourrait faire vaciller le président de la Province nord. Pas question donc de lui faire la courte échelle dans le Sud ! Et puis entre les leaders des deux partis, il y a une vieille querelle qui remonte au moins au triste mois de mai 1989.

Le PALIKA, ce que relate son journal, estime donc que la liste unitaire doit d’abord s’élaborer entre composantes du FLNKS et que s’il reste de la place à accorder et du temps à y consacrer, on verra ensuite l’affaire avec le Parti travailliste et la DUS de Sylvain Pabouty.

Mais à l’UC non plus, l’idée d’une liste unitaire où tout le monde aurait une place éligible ne fait pas florès et pour cause. Il n’est pas certain que, dans sur liste unique, le parti de Daniel Goa, qui demeure le mouvement indépendantiste le plus fort au moins en Province sud, obtienne le nombre de places à la hauteur de sa représentativité réelle. Certains se demandent donc à l’UC s’il n’y aurait pas tout intérêt à y aller tout seul !

Et Nouméa ?

Dans le Sud, les indépendantistes sont franchement embarrassés parce que personne ne veut servir de marchepied aux autres. A cela s’ajoute le fait que la campagne d’inscription massive de Kanak des Iles et du Nord sur les listes de la Province sud, dans laquelle ils résident, n’a pas été un franc succès. Seules quelques centaines d’électeurs, et non pas les milliers espérés, ont opéré le changement.

Rien en tout cas qui puisse faire basculer le rapport de forces comme certains, tel Mathias Chauchat, le prédisaient. Bref, à moins de trois mois des élections provinciales, il reste encore de la route à faire. Cela sans parler des municipales pour lesquels les indépendantistes semblent être en quête de candidat. A Nouméa, l’Union calédonienne a choisi de faire tirer sa liste aux municipales par Jean-Raymond Postic.

Certes, le choix a été fait pour rappeler que l’UC demeure « deux couleurs, un seul peuple », mais il n’empêche que l’électorat kanak, en particulier chez les jeunes, à qui l’on a fait croire que l’indépendance était proche, va quand même se poser quelques questions. D’autant que le PALIKA et le Parti socialiste, accompagnés par quelques autres, vont également présenter une liste, avec Marie-Claude Tjibaou à sa tête. L’épouse de l’ancien leader indépendantiste et leader de l’Union calédonienne dans les années 80 face à son parti historique dans la capitale en 2014… Vous avez dit logique ?

Thierry Borde

Une réflexion sur “Les indépendantistes : combien de divisions ?

  1. « si tu veux savoir ce que vaut quelqu’un, n’ecoute pas ce qu’il dit mais regardes ce qu’il fait en réalité » .. Mais les kanaks ont été trop bourrés de mensonges pour prendre conscience aujourd’hui que leurs « leaders historiques » ne valent pas mieux que les tyranosaures du RUMP et consorts, et que la seule chose qui les interessent vraiment, ce n’est pas l’interêt de leurs electeurs, mais d’être de ceux qui bénéficient de tous les privilèges des postes d’élus : salaires mirobolants, voyages et frais de mission, voitures de fonction et dociles secrétaires hin hin.. et ki cé qui péye ? cé les méssants colonialisses qui péyent qui péyent …

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