Pour le dialogue entre toutes les communautés de notre pays… Plus jamais ça !

Par le CRI *

« Notre identité est devant nous »… Et « Nos terres ne sont pas à vendre »… disait Jean-Marie Tjibaou. C’est une façon d’affirmer l’émergence de l’univers kanak, dans lequel l’identité kanak se reconnaît. Et c’est cette reconnaissance qui nous permet de dialoguer de cœur à cœur, d’univers à univers, avec d’autres communautés en vue du destin commun.

Les accords de Matignon demeurent des accords politiques forts, d’engagements réciproques, de « pari sur l’intelligence ». Nos responsables politiques n’ont pas toujours assumé leurs responsabilités pour comprendre la poignée de mains entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou ; un engagement à œuvrer pour l’émergence d’un peuple pluriethnique et pluriculturel qui, ensuite, négociera son accession à la pleine souveraineté avec l’Etat français.

L’Accord de Nouméa reste à parfaire. Les luttes de pouvoir et les enjeux électoraux nous régressent à une politique d’opposition ethnique et de dénigrement, voire d’élimination politique de certains responsables indépendantistes. C’était le cas, en 2001-2002, de l’accusation à tort de la gestion de Robert Xowie à la Province des îles, soutenue par un lynchage médiatique fondé sur aucun fait réel, mais qui visait en fait son élimination politique. C’était le cas de l’assassinat d’Eloi Machoro où, encore lors d’une campagne médiatique l’accusant de tant de violences, on a fait croire qu’il n’était plus dans la logique d’un peuple pluriethnique et pluriculturel, donc qu’Eloi Machoro n’était plus d’accord avec Jean-Marie Tjibaou.

Bizarrement, le livre de Danick Loquet sur Eloi Machoro – il était à ses côtés lors de l’occupation de Thio – nous révèle l’ampleur et la malhonnêteté du lynchage médiatique, préparant à son exécution physique. Il n’y a pas eu de mort ni de violences outre-mesure pendant l’occupation de Thio.

Pour les Evénements de Maré, le 6 août 2011, de nouveau, il y a lynchage médiatique pour préparer des exécutions physiques. Nous savons maintenant que les jeunes de La Roche ont été manipulés « pour se défendre » contre des gens de Guahma qui, soi-disant, cherchaient à s’attaquer à leur chefferie. Alors que les responsables sont ailleurs…

Dans la réconciliation des familles Tjibaou, Wéa, Yeiwéné, il a fallu près de dix ans de palabres menés par des responsables d’Eglises pour arriver au pardon, parce qu’il fallait d’abord obtenir la paix des cœurs avant d’en faire part à la population. Là, en ce qui concerne le drame de Maré, l’Etat nous pousse à la réconciliation, sous son égide, en quelques mois, peu importe la recherche de la vérité sur ce drame.

Notre pays est riche de ses diversités culturelles et humaines. Il est un bouquet de différences appelé, si nous le voulons, à se féconder mutuellement en vue d’une communauté de destin. Ce qui veut dire que c’est la négation des identités, et non leur expression, qui est une menace pour la démocratie.

Pour la sortie de l’Accord de Nouméa, nous disons : « Plus jamais ça ! »

Notre priorité est de rendre l’ensemble des enfants au pays qui est le leur, et lutter à mort pour que ce pays soit à jamais le leur, indépendance ou pas.

 

Les propos de cette Tribune libre n’engagent que leurs auteurs.

* Comité pour le renouveau indigène dont Nidoïsh Naisseline est membre. Texte écrit le 13 février.

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