Corps électoral : les dessous de la volte-face de l’Etat

Corps électoral : les dessous de la volte-face de l’Etat
Dans la coulisse, Jean Lèques a largement œuvré, avec Philippe Gomès, pour plaider la cause défendue par le Haussaire.

Dans la coulisse, Jean Lèques a largement œuvré, avec Philippe Gomès, pour plaider la cause défendue par le Haussaire.

Pour mieux comprendre ce qui se passe en ce moment au sein des commissions administratives de révision des listes électorales, il faut remonter à la mise en réserve de la République du Haut-commissaire, dimanche 24 février. En effet, Jean-Jacques Brot était sans doute malade, mais pas comme il l’a expliqué ensuite sur les ondes de RRB. Explications…

 

 

Ce vendredi 1er mars, le représentant de l’Etat s’est exprimé sur RRB pour expliquer publiquement qu’il s’était accordé un peu de répit en raison d’un état de santé défaillant. « Je vais mieux. Il arrive que la carcasse humaine craque et empêche le locuteur de parler. » Tels étaient les justifications de Jean-Jacques Brot qui avait même rajouté : « Une convalescence banale pour un homme de mon âge. » Sauf que le Haut-commissaire a gardé pour lui l’essentiel, à savoir qu’autre chose l’avait rendu malade. En effet, c’est davantage la prise de position du ministère des Outre-mer, favorable à une logique purement juridique dans l’affaire des radiations du corps électoral qui avait indisposé, pour ne pas dire accablé, M. Brot.

 

Pas du tout en phase avec cette option préconisée par le cabinet de Victorin Lurel, notre représentant de l’Etat très gaulliste a donc fait connaître rapidement ses vives oppositions dans les salons parisiens. Une posture qui a donné lieu, par la suite, à une cellule de crise du côté de Matignon où les collaborateurs de Jean-Marc Ayrault, notamment Camille Putois et Stéphane Grauvogel, ont dû composer en direct avec nos élus calédoniens, notamment Philippe Gomès et Jean Lèques, lesquels ont abondé dans le sens du Haussaire.

Etat toujours impartial ?

Après de longues heures de tractations, les protagonistes de cette affaire sont parvenus à trouver un terrain d’entente dont la première conclusion a été l’intervention de Sonia Lagarde à l’Assemblée nationale et la réponse du Premier ministre, qui a donc retenu la philosophie politique plutôt que la logique juridique dans ce dossier. Faut-il en déduire que l’Etat est sorti de son rôle impartial et qu’il n’a pas été neutre ? Chacun appréciera…

Premier prolongement de cette stratégie fomentée au sommet de l’Etat, les commissions administratives suivent donc, depuis le lundi 3 mars, la ligne du gouvernement français. Toutefois, il est bien clair que les personnes inscrites sur la liste spéciale mais arrivées après novembre 1998, ne pourront pas échapper à la radiation. Combien sont-elles ? Mystère… Désormais, il faut bien évidemment attendre la réaction des indépendantistes qui ne vont pas en rester là. Ils ont déjà laissé entendre qu’ils allaient passer à la phase des recours devant le Tribunal de première instance. Toutefois, cette réplique va-t-elle seulement se limiter dans le périmètre d’un palais de justice ?

Th. S.

2 réflexions sur “Corps électoral : les dessous de la volte-face de l’Etat

  1. Salut Thierry,

    Je suis surpris par ce billet très intéressant sur le fond mais qui finit malheureusement avec un dernier paragraphe très va t’en guerre ! Je ne suis pas convaincu que cela soit nécessaire…

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