Du danger de prendre les affluences des meetings électoraux pour votants comptant

Du danger de prendre les affluences des meetings électoraux pour votants comptant

Durant cette campagne électorale, c’est un peu à qui aura réuni le plus de monde durant son meeting. Comme si cette assistance était suffisante pour remporter un scrutin… Pourtant, quelques exemples attestent du contraire…

Ces derniers jours, la guéguerre électorale a pris un nouveau tour. Il s’agit maintenant de bomber le torse en fonction du public rassemblé lors de ses meetings. Au Kuendu beach, l’Union pour la Calédonie dans la France (UCF) a fait le plein, sauf que ce plein n’est pas vraiment le même selon que l’on se fie aux appréciations des organisateurs, aux chiffres de certains médias ou encore aux paramètres de l’emplacement. Il n’empêche, quelques jours après, dans la salle Venezia, Gaby Briault se satisfaisait lui aussi d’avoir fait près de 700 personnes.

Cette politique du chiffre a inspiré Pierre Maresca sur Facebook où il produit régulièrement une chronique. « Les campagnes électorales de quelque niveau qu’elles soient, doivent se prémunir contre ce travers qui fausse régulièrement les appréciations des résultats du scrutin. Depuis la présidentielle de 1995 où, dans son ensemble, la presse nationale annonçait des mois à l’avance l’inéluctable victoire d’Edouard Balladur jusqu’aux provinciales calédoniennes de 2004 où les 10 000 personnes réunies par Jacques Lafleur à La Foa laissaient supposer une victoire certaine, les responsables politiques et les observateurs médiatiques ont fréquemment succombé à cet enfermement qui coupe trop souvent les élus de la réalité du terrain. »

Ce qu’on appelle le microcosme

Pierre Maresca, membre du RPCR battu en 2004, est bien placé pour parler du sujet. « On en est encore aujourd’hui, dans la campagne électorale qui vient de s’ouvrir, à comparer l’importance des meetings de chaque parti, le nombre de participants, les messages de soutien ou de désaveu sur les réseaux sociaux, les échanges cinglants entre les uns et les autres, les défections et les ralliements, sans réaliser que toute cette agitation de ce que l’on appelle le microcosme, ne concerne, au mieux, que 10% de l’électorat. Pour les 90% restant, ce petit monde qui tourne sur lui-même, qui s’agite, traversé par des psychodrames et des crises de nerfs ne concernant que lui, n’est jamais véritablement représentatif des attentes de l’électeur de base qui souhaite avant tout entendre des messages simples et clairs en adéquation avec ses aspirations profondes. »

Ces constats du directeur de campagne de Cynthia Ligeard devraient en faire réfléchir plus d’un, tant ils sont justes. Si le résultat d’un scrutin pouvait être connu à l’issue d’un meeting, cela se saurait depuis longtemps. Or, ce sont bien les urnes, les 23 et 30 mars pour les municipales, qui délivreront leur verdict. Et ceux qui se gargarisent aujourd’hui après avoir rassemblé plus de 1 000 personnes devraient se montrer plus prudents et avisés.

Th. S.

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