300 pour sang

300 pour sang

CinéUnePapAutant le premier volet de la guerre antique entre Perses et Grecs prenait le temps de poser des personnages et un climat, autant cette suite n’est que prétexte à bastons sanguinolentes. Tout ce qui faisait le charme et l’esthétique de « 300 », « retrasang » la bataille des Thermopyles avec les Spartiates dévoués de Léonidas contre la marée de soldats de Xerxès, est noyé, avec cette resucée,  dans un bain de sang dès les premières images avec un scénario tellement ténu qu’il pourrait tenir sur le fil d’une épée. La réussite graphique et étonnante du premier opus est, ici, répétitive, vaine et écoeurante. Ce n’est qu’une succession de corps à corps sanglants, de mutilations en gros plans, de giclements gerbeux d’hémoglobine, saturés de ralentis de quoi donner une indigestion à une armée de vampires assoiffés.

Certes, la forme proche de la BD et un esthétisme à la Peckinpah, peuvent toujours fonctionner par moments – notamment au générique final , mais le ridicule des dialogues belliqueux – des poncifs que n’oseraient pas proférer les membres du parti ultra « l’aube dorée » –, des scènes grotesques (la baise entre Artémisia et Thémistocle, style porno risible) et un propos militaro nationaliste faisant peur achèvent d’envoyer le film par le fond tels les navires perses à la bataille navale de Salamine. Les Américains si prompts à dynamiter l’histoire antique (« Troie » réduite en guerre des six jours) restent corrects dans la chronologie des batailles, mais n’abordent jamais finement le côté stratégique et politique de la Grèce démocratique attaquée. On regrettera aussi la présence de la belle Eva Green qui mérite bien mieux.

Les salles sont remplies depuis le 5 mars, paraît-il, mais est-ce une bonne chose de montrer à nos jeunes ces boucheries, sans vrais fondements, véhiculant de la violence pure et la loi du Talion ? Il est vrai qu’exalter les pires instincts rapporte des dollars, le rouge du sang se transformant en billets verts. Verdict : 3D comme décevant, démotivant et désespérant. N’y allez pas pour un empire !

300 : LA NAISSANCE D’UN EMPIRE de Noam Murro USA Action en 3D avec Sullivan Stapleton, Rodrigo Santoro, Eva Green, Mark Killeen – 1 h 42.

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Une suite en pire !

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