Pourquoi Eramet-SLN a montré le mauvais exemple

Pourquoi Eramet-SLN a montré le mauvais exemple

EcoDividendesCertains responsables calédoniens ont vivement critiqué la distribution d’énormes dividendes de la SLN à ses actionnaires ces dernières années. Une stratégie emplie de dangers parfaitement illustrés dans un article signé par Christian Chavagneux…

 

« Les distributions de dividendes plombent l’investissement des entreprises ». Nul doute que cette analyse du rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques, également rédacteur en chef de la revue L’Economie politique, va intéresser le monde économique calédonien, notamment les grands acteurs du nickel. En effet, l’argumentation de Christian Chavagneux démontre combien il est périlleux de privilégier le jeu des actionnaires. « Les résultats du CAC 40 pour 2013 soulignent encore une fois combien le coût du capital pèse sur le tissu productif français : avec des profits en baisse de 8%, les grandes entreprises augmentent leur distribution de dividendes de 6%, au détriment de l’investissement. En 2013, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 48 milliards d’euros de profits, en diminution de 8% par rapport à 2012. La croissance en panne dans la zone euro, le ralentissement des pays émergents, l’appréciation de l’euro et des dépréciations d’actifs se combinent pour expliquer ces moins bonnes performances. » Il n’empêche, malgré cette baisse de forme, les actionnaires ressortent gagnants car les dividendes progressent de 6% pour s’établir à 39 milliards d’euros. Cela signifie donc qu’un peu plus de 80% des profits du CAC 40 sont utilisés à la distribution de dividendes.

Beaucoup plus de dividendes que d’investissements 

De plus, 2013 n’est pas une année exceptionnelle. « En 2012, c’était 85% ! Et la tendance est croissante ces 25 dernières années. Lorsque les entreprises françaises créent de la richesse, elles ne privilégient ni l’investissement pour préparer l’avenir et renforcer leur compétitivité, ni l’emploi, mais la rémunération des actionnaires. (…) Cette situation pénalise déjà le secteur productif français qui accumule les décennies de sous investissement chronique. Elle risque également d’entretenir la méfiance des investisseurs internationaux qui, selon le dernier sondage mensuel de Bank of America Merril Lynch, souhaitent une augmentation des dépenses d’investissement des grandes entreprises à une majorité de 58%. »

En conclusion de cette analyse, M. Chavagneux reprend le théorème de l’ancien chancelier allemand, Helmut Schmidt, qui, au milieu des années 70, avait prononcé un théorème devenu célèbre : « Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ». Sauf que pour le capitalisme français contemporain le théorème est plutôt le suivant pour le journaliste économique : « Les profits d’aujourd’hui font les dividendes d’aujourd’hui, le sous investissement de demain et le chômage d’après demain ». Voilà pourquoi il faut naturellement s’inquiéter du côté de la SLN…

Th. S.

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