De Greslan : « La mairie de Païta n’intéresse plus Harold Martin »

De Greslan : « La mairie de Païta n’intéresse plus Harold Martin »

Tête de liste Calédonie ensemble dans la commune du président du gouvernement, Frédéric de Greslan croit plus que jamais en ses chances de remporter la mise fin mars. Une confiance visiblement consolidée par sa campagne sur le terrain. Au contact d’une population qui serait plutôt déçue par le maire sortant… 

 

 

l’Eveil : Que répondez-vous à ceux qui déclarent que vous êtes un parachuté sur cette commune de Païta ?

Frédéric de Greslan : En ce qui me concerne, je n’ai pas été parachuté, j’ai été choisi par les gens du comité de Païta qui m’ont demandé de venir participer à leurs travaux d’abord, à diriger leur comité ensuite et, pour finir, qui m’ont fait l’honneur de me demander de tirer leur liste. Je n’ai pas été imposé de l’extérieur, mais demandé depuis Païta. Si j’y suis, c’est parce que cette commune me passionne littéralement. J’y trouve des gens absolument formidables avec une diversité ethnique et culturelle unique en Nouvelle-Calédonie. D’autre part, je connais cette commune depuis toujours, j’y ai passé beaucoup de temps enfant et puis adulte aussi. C’est une commune pleine d’opportunités, pleine de possibilités de développement. Faire évoluer Païta vers une ville du XXIe siècle me passionne. Mais il y a un énorme travail à réaliser, cela tombe bien puisque nous avons la détermination de le faire avec toute mon équipe.

De Greslan, c’est aussi un nom attaché historiquement à cette commune… 

De Greslan est un nom attaché à beaucoup de lieux en Nouvelle-Calédonie. A Païta, mon ancêtre, Evenor de Greslan, lorsqu’il s’est installé en Nouvelle-Calédonie, a sillonné beaucoup le territoire. Il a été l’un des premiers photographes de Nouvelle-Calédonie, il a photographié notamment l’ancêtre du maire sortant, Harold Martin. En effet, l’unique photo de James Paddon, c’est Evenor de Greslan qui l’a prise. Le grand chef historique de Païta, Titéma dit Watton, a également été photographié par mon ancêtre. Notre famille a laissé des traces dans de nombreux endroits. Et ce n’est pas un hasard si vous avez aussi un de Greslan sur la liste d’Harold Martin. Nous sommes ici depuis 1863, et en particulier à Païta, oui.

A la Province sud, deux vice-présidents, Alain Lazare et Pascal Vittori, postulent pour être maire de Boulouparis. En tant que membre du gouvernement, vous vous retrouvez face au président de l’exécutif à Païta, cela envenime vos relations ?

Non, au gouvernement, nos relations sont cordiales. Le gouvernement, c’est un mini Parlement où on retrouve sept partis politiques. Nous sommes donc dans l’opposition de cet exécutif face à la coalition en place. Chacun se respecte malgré tout. Il n’y a aucune tension particulière.

« On a l’impression de tomber un peu dans une ville du tiers-monde »

Que reprochez-vous le plus au maire sortant ?

La mairie de Païta ne l’intéresse plus. Cela fait longtemps qu’il a abandonné la commune. La plupart des administrés nous disent qu’il n’est jamais là, qu’il ne répond jamais aux sollicitations. Dans ces conditions, avec un exécutif absent, la commune n’avance pas. Et on a l’impression qu’elle est à l’abandon depuis ces six dernières années, pour ne pas dire plus. Quand on accumule les casquettes politiques, en étant président du gouvernement, la gestion d’une mairie peut paraître moins prestigieuse. Une impression de vacance du pouvoir ressort à Païta aujourd’hui. De ce fait, il manque énormément de choses dans cette commune. Il n’y a toujours pas de police municipale, pas de Centre communal d’action sociale, pas de plan d’urbanisme directeur, pas d’assainissement public, pas de crèches, pas de garderies, pas de piscine municipale, la liste est longue…

Vous êtes sur le terrain depuis de longues semaines, quelles sont, selon vous, les préoccupations de la population ?

La sécurité n’est pas un petit sujet à Païta, c’est un thème majeur qu’on essaie de minimiser du côté de l’exécutif, mais la délinquance a explosé dans la commune. Les chiffres de ces deux dernières années en attestent : les cambriolages ont énormément augmenté, les vols de voitures, c’est plus 25%. Et cela est ressenti dans tous les quartiers. Le sentiment de vivre dans une ville sale, pas entretenue, avec des rivières polluées et des décharges sauvages partout, est également omniprésent. Je ne suis pas un grand fan du maire de Dumbéa, mais quand on passe de Dumbéa à Païta, on a l’impression de tomber un peu dans une ville du tiers-monde. Cette commune a besoin d’un grand coup de balai, et je ne parle pas seulement de l’équipe sortante.

Si vous êtes élu maire, quelles seront vos premières mesures pour répondre aux attentes de la population ?

La première mesure, ce sera d’être présent, à l’écoute de la population. Une fois le conseil municipal réuni, nous donnerons un rendez-vous hebdomadaire à la population. C’est une démarche instaurée par Philippe Gomès à La Foa, on a l’intention de la mettre en place à Païta. Une fois par semaine, du matin au soir, toute l’équipe municipale, le maire en particulier, recevra la population sans rendez-vous. Cela permet bien souvent de régler beaucoup de problèmes. La deuxième urgence, c’est de réorganiser les services municipaux qui ne l’ont pas été depuis 25 ans. Cette mairie fonctionne sur le même schéma depuis fort longtemps et elle n’est plus assez efficace. Il nous faut rationnaliser ces services pour dégager des économies et des marges afin de pouvoir réaliser des investissements. Et puis il faudra aussi créer la police municipale que la population attend depuis longtemps. Un budget et des locaux seront nécessaires, cela ne se fera demain, d’un coup de baguette magique, mais nous sommes déterminés à finaliser ce dossier qui fait partie de nos priorités.

Propos recueillis par Th. S.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s