Ce que devrait être le Haut-commissaire…

Ce que devrait être le Haut-commissaire…

Jean-Jacques Brot présente-t-il le profil idéal pour exercer, en 2014, les fonctions de Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie ? Cette question se pose avec acuité ces dernières semaines, tant le comportement du représentant de l’Etat oscille entre l’étonnant et le détonant. Souvent avec une vision qui peut sembler passéiste et inadaptée à l’actuel contexte calédonien. Il aurait sans doute été parfait dans le rôle d’un gouverneur des années 60, lorsque l’Etat, considérant qu’il avait été trop loin avec la loi-cadre de 1956, reprenait les choses en main. Toutefois, cette période-là est bel et bien révolue.

M. Brot évoque souvent la décolonisation tout en ayant une attitude diamétralement opposée à ce qu’elle devrait être. Ses postures vis-à-vis du vice-président du gouvernement et de l’Union calédonienne, et plus généralement envers toute personne qui ne pense pas comme lui, témoignent de cette incapacité à tenir compte du pluralisme dans le contexte toujours délicat de l’Accord de Nouméa. Pour emprunter le jargon des sociologues de la négociation, on pourrait dire que son orientation interpersonnelle ne le porte pas à chercher les compromis. Sûr de son bon droit, il entend imposer la volonté de l’Etat dont il prétend être le serviteur.

Et comme il pense – de bonne foi sans doute – incarner l’Etat, toute atteinte à l’image de ce dernier est ressentie comme une offense personnelle. Bref, la personnalité de M. Brot ne cadre pas vraiment avec les missions qu’il doit accomplir. Durant cette période politiquement très sensible, dans la perspective d’un mandat 2014-2018 déterminant, l’Etat n’a sûrement pas besoin d’un boutefeu mais bien d’un haut fonctionnaire capable de garder son calme et de rechercher les voies du dialogue et de la négociation.

On ne peut donc que conseiller au « gouverneur » Brot qu’il s’inspire de ces quelques orientations dans l’exercice de sa mission. En effet, il ne semble pas avoir intégré le fait que, sous le régime juridique et politique de l’Accord de Nouméa, le Haut-commissaire n’est ni l’exécutif de la Nouvelle-Calédonie, ni le préfet d’un département. A moins que les maladresses répétées ne soient volontaires et participent d’une volonté de servir d’autres intérêts. Lesquels ? Le mystère demeure encore…

Comme le représentant de l’Etat le cite souvent dans ses interventions radiophoniques, il est bon de rappeler comment François Garde, président de tribunal administratif et grand connaisseur de la Nouvelle-Calédonie, conçoit le rôle du Haut-commissaire dans son ouvrage intitulé « Les institutions de la Nouvelle-Calédonie » et considéré comme une référence. « Sa présence aux réunions du gouvernement doit être multiforme : ni alibi, ni faire-valoir, ni partisan, il doit être référence juridique, source d’information, médiateur, acteur dans la recherche du compromis, garant de l’application du droit, négociateur permanent dans cet art calédonien de l’équilibre dynamique. » Ce que devrait donc être Jean-Jacques Brot, mais qu’il n’est pas vraiment…

Th. Squillario

2 réflexions sur “Ce que devrait être le Haut-commissaire…

  1. Le haut commissaire ne devrait pas être un menteur pris en flagrant délit , et encore moins un partisan
    à l’arrivée ça en fait un tout petit petit commissaire, cet article n’a rien d’insipide.

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