Nouméa : entre érosion des uns et progression des autres

Nouméa : entre érosion des uns et progression des autres

Nous n’avons pas eu droit à des sondages récents lors de ces élections municipales, mais certains n’ont pas hésité à livrer leurs pronostics, notamment sur les réseaux sociaux. Plus ou moins étayées, ces évaluations donnaient donc Gaël Yanno en tête sur Nouméa à l’issue du premier tour. Et souvent, lorsqu’on additionnait le pourcentage du Premier adjoint au maire à celui de Gaby Briault, nous étions au-delà des 50%.

C’est méconnaître la sociologie du corps électoral de la capitale que de placer à un tel niveau deux candidats issus d’une même famille, l’ancien RPCR devenu Rassemblement qui, au fil des scrutins, a perdu des voix et son leadership. En 2001, Jean Lèques, le représentant du parti de Jacques Lafleur, avait recueilli 11 786 voix (53,39%) et il avait été élu à l’issue du premier tour. En 2008, le maire sortant, toujours seul et unique représentant de son parti, bénéficiait de 11 057 suffrages (43,39%) et devait attendre le second tour pour conserver son fauteuil.

Sonia Lagarde, Gaël Yanno et Gaby Briault... Un tiercé attendu ce soir.

Sonia Lagarde, Gaël Yanno et Gaby Briault… Un tiercé attendu ce soir.

Aujourd’hui, Gaël Yanno et Gaby Briault se présentent comme les deux héritiers de Fifils et de son bilan. On peut donc légitimement penser qu’ils vont devoir se partager les voix du même Jean Lèques auxquelles on peut sans doute rajouter le Front national qui ne présente pas de candidats cette année (Bernard Herpin avait glané 1 371 suffrages en 2008) et certaines portions de Simon Loueckhote (3 185 voix il y a six ans). De plus, il ne faut pas oublier que la tête de liste de l’UCF, lors des législatives de 2012, avait recueilli 10 162 voix dans Nouméa lors du premier tour.

Dès lors, penser comme certains que Gaël Yanno sera à 34% et Gaby Briault à 16% ce soir, cela peut paraître très optimiste. En tous les cas, ces estimations ne tiennent pas comptent de l’érosion du Rassemblement et de la progression de Sonia Lagarde : 4 975 voix (2001), 6 290 voix (2008) et 8 797 (2012 lors des législatives). Si ce premier tour de scrutin est empreint d’une certaine logique, la tête de liste Calédonie ensemble devrait donc sortir en tête. En outre, dans la capitale, ce sont souvent les quartiers populaires qui font la différence, là où le parti de Philippe Gomès semble bien mieux implanté que celui de Gaël Yanno…

Th. S.

2 réflexions sur “Nouméa : entre érosion des uns et progression des autres

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