Rires sous capes

Rires sous capes

En avril, ne te découvre pas d’un rire ! Telle était la devise du Théâtre de l’Île pour trois représentations de « Regardez, mais ne touchez pas ! » de Théophile Gautier et Bernard Lopez par la Compagnie métropolitaine Abraxas. Présenté comme unecomédie de cape sans épée en trois journées, ce spectacle, à la fin de l’envoi, faisait mouche !

RiresCapesPapCoécrite en 1847 avec Bernard Lopez – initiateur du projet –, cette pièce est une œuvre de commande à laquelle Théophile Gautier participa après moult tergiversations avec le directeur du théâtre de l’Odéon. Le titre original, notamment, « Ne touchez pas à la Reine ! » s’est transformé en « Regardez, mais ne touchez pas ! » plus dans le ton comique de l’écriture pastiche. Centenaire en 2011 du célèbre auteur oblige, Jean-Claude Penchenat a exhumé ce texte inédit. D’un drame romantique à la Victor Hugo, Gautier et Lopez ont fait un spectacle fort drôle, rehaussé par la mise en scène moderne.

L’histoire a, en effet, tous les ingrédients d’un drame cornélien avec un preux chevalier qui risque sa tête pour avoir sauvé physiquement la reine d’Espagne alors que le moindre attouchement à la souveraine est puni de mort. Et quand un félon veut s’en approprier le mérite pour épouser la belle et riche héritière qui, elle, est tombée amoureuse du premier, la tension pourrait être inextricable…

Linder et Planchon en coulisses

Mais, c’est sans compter sur le second degré, la fantaisie et la cocasserie de tout ce beau et noble monde qui en fait des tonnes pour nous amuser. Le cliché, répétitif de surcroît, devient un ressort hautement comique et le rire se niche sous toutes les capes virevoltantes. En quatre-vingt-cinq minutes chrono, les trois journées s’enchaînent à un rythme endiablé sous la houlette d’un Monsieur Loyal, promu souffleur d’accent ibère, aiguilleur de sorties côtés cour et jardin et bruiteur ès escrime parfait. Les costumes tout en noir et rouge sont du côté de Zorro pour les hommes et de la silhouette gitane (version paquet fumeur) pour les femmes.

Ça ferraille pour de bon et pour de faux (bien aiguisée), les quiproquos s’emmêlent à l’infini et dès que le sérieux pointe sa rapière, il est émoussé par la dérision. Vous l’aurez compris, on était plus chez « Les trois mousquetaires » – version planches de Roger Planchon ayant fait les beaux jours du TNP Villeurbanne – ou, encore, sur l’écran muet du 7e art de Max Linder avec son « Étroit mousquetaire ». L’interprétation de tous, bien rôdée et sous a-Cid, ne laissait aucun temps maure en mouillant les capes, les feutres et les mantilles. Une chaleur communicative que les éventails de ces dames ne pouvaient repousser. Très agréable à suivre, ce spectacle léger, donc, a ravi le nombreux public familial venu aux trois soirées et aussi les scolaires en matinées qui ont dû muscler leurs zygomatiques. Olé ! Et oleti !

Rolross

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