« Il est impératif de réformer »

« Il est impératif de réformer »

Invité des « Rendez-vous du Congrès », Florent Venayre n’a pas mâché ses mots, expliquant que l’économie polynésienne souffre des mêmes maux que son homologue calédonienne. Et même si les effets de la crise sont aujourd’hui ressentis plus durement à Tahiti, ils ne tarderont pas à tarauder la société calédonienne si rien n’est fait pour modifier ces économies bien trop publicisées selon lui.

Aussi brillant et à l’aise qu’Etienne Wasmer, ancien invité de Roch Wamytan dans l’hémicycle du boulevard Vauban, le maître de conférences à l’Université de la Polynésie française a parfaitement expliqué et résumé les maux qui handicapent ces deux économies. « Ce sont des mannes, des entrées d’argent exogènes, qui ont supporté le développement polynésien. A cela, il faut ajouter les handicaps de compétitivité liés aux pays insulaires, comme l’éloignement et le morcellement, qui renchérissent tous les coûts. »

Résultat : une économie « sous perfusion déconnectée des principes généraux de l’économie mondiale ». Autrement dit, des prix élevés, un déficit de concurrence et un cruel manque de dynamisme. Et depuis que la rente atomique – entre 60 et 70 % du PIB certaines années – a cessé, alors que les transferts de l’Etat ont tendance à s’éroder, les difficultés de l’économie polynésienne ont été mises au grand jour. Symbolisée par le doublement du taux de chômage, cette crise a permis au plus grand nombre de se rendre compte que ses causes étaient d’abord structurelles, pas conjoncturelles.

« En Nouvelle-Calédonie, cette prise de conscience est similaire », annonce Florent Venayre. « Le développement calédonien s’est également basé sur des mannes : les transferts de l’Etat et le nickel. On retrouve donc ce même phénomène de publicisation de votre économie. » Globalement, l’universitaire a évoqué un développement public de l’économie calédonienne avec une organisation aux inefficacités similaires, notamment en matière de déficit de la concurrence. « Un même impératif de réforme structurelle s’impose, même si vos dysfonctionnements sont moins visibles que pour l’économie polynésienne. »

Certes, le retournement ne s’est pas encore effectué en Nouvelle-Calédonie où le taux de chômage (14%) est plus faible que le taux polynésien (23%). « Mais l’expérience polynésienne doit vous intéresser. » Et un peu nous inquiéter ? Sans doute si rien n’est fait pour réformer ces politiques publiques prédominantes dans trois domaines : l’interventionnisme, le protectionnisme et la concurrence. De nombreux mois après Etienne Wasmer, Florent Venayre vient donc de dresser un tableau peu reluisant de l’économie calédonienne qui, sans évolution et prises de conscience pragmatiques, connaîtra le même sort que son homologue polynésienne. L’universitaire a livré les grandes lignes de ce qui peut être fait en la matière. Aux élus maintenant de s’y intéresser et de s’en inspirer…

Th. S.

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