Deux questions, une même réponse ?

Deux questions, une même réponse ?

En cette période de campagne électorale, les politiques ne cessent d’être interpellés. Après le MEDEF-NC, c’est au tour de la Fédération des fonctionnaires de poser ses questions aux partis en lice pour les provinciales. Une interrogation qui rejoint certaines préoccupations du patronat calédonien… Mais sans doute pas avec les mêmes réparties attendues.

 

Dans les 14 questions qu’il pose aux élus, le MEDEF demande au point 9 de son questionnaire : « Quels sont vos projets, pour la réduction puis la maîtrise des dépenses publiques et pour améliorer l’efficacité des administrations vis-à-vis des entreprises ? » Dans la lettre ouverte envoyée aux mêmes partis politique, la Fédération des fonctionnaires pose cette question : « Quelle est votre vision de l’importance du service public et des valeurs qu’il doit incarner et protéger dans la construction du pays ? Quelles sont vos propositions pour y parvenir ? »

La Fonction publique au centre des préoccupations politiques ? Même si la majorité des électeurs calédoniens se basera sans doute sur d’autres priorités pour effectuer son choix le 11 mai, il est plutôt intéressant de noter ce retour au premier plan du secteur public dont tout le monde sait pertinemment qu’il va devoir se réformer lui aussi. Dans le « Carnet de santé » qu’il vient de publier, le MEDEF-NC remet le couvert, avec chiffres et constats à l’appui.

Ecarts pour les uns, égalité pour les autres

« En Nouvelle-Calédonie, 21% du PIB est consacré à rémunérer les fonctionnaires, contre 13% en France et 7% en Allemagne. » Un patronat calédonien qui partage donc l’analyse de Florent Venayre, l’universitaire invité des « Rendez-vous du Congrès » qui a largement consacré son exposé à la publicisation des économies polynésienne et calédonienne. Tout en expliquant ce besoin impératif de réformer. Toutefois, même si elle admet que des économies doivent être trouvées, la Fédération des fonctionnaires estime que l’insularité explique ce pourcentage plus élevé.

Toujours dans la rubrique des chiffres, le MEDEF-NC écrit : « Le salaire net mensuel médian en 2010 était de 335 000 francs contre 177 000 dans le privé, soit un écart de 89%. 33% des salaires du secteur public sont supérieurs à 400 000 francs par mois contre 10% dans le privé. » A ce comparatif, le syndicat de David Meyer réplique avec l’exposé présenté par le directeur de l’ISEE lors de son congrès, qui livre d’autres diagnostics. « Des études récentes démontrent qu’à niveau de qualification et responsabilité équivalents, les rémunérations du secteur public sont comparables à celles du privé. »

Maîtriser la dépense publique

Bien évidemment, il faudra attendre les nouvelles données de l’ISEE pour y voir plus clair. Quoi qu’il en soit, le problème semble désormais dépasser largement cette indexation dont la Fédération des fonctionnaires ne veut plus entendre parler. En effet, à l’instar de ce qui peut se passer en Métropole, la Nouvelle-Calédonie est dans l’obligation de maîtriser, voire même de réduire, sa dépense publique. « La couverture des besoins de financements publics à venir, explique le MEDEF-NC, nécessitera une croissance soutenue et au même rythme que les quinze dernières années. Or, le modèle économique calédonien, fondé sur les transferts de l’Etat et le nickel, n’est plus un modèle pérenne. » Un autre constat qui rejoint l’analyse de Florent Venayre.

Comment les politiques vont-ils parvenir à concilier les attentes plutôt corporatistes d’un syndicat avec les exigences plutôt réalistes du patronat ? Les paris sont ouverts… On peut même se demander si certains ne vont pas réussir à séduire ces deux mondes. Cependant, en ces périodes de grandes promesses, il faut s’attendre à tout. Et compter à la fois sur le MEDEF-NC et la Fédération des fonctionnaires pour qu’ils aient le courage, le temps venu, de rendre public les engagements et autres serments qu’ont pu leur donner les différents partis interrogés.

Th. S.

3 réflexions sur “Deux questions, une même réponse ?

  1. Deux question et bien des interrogations ?
    On sait que l’administration c’est « la pyramide inversée » au niveau des salaires. Dans certaines directions les postes de cadre ont été multipliés par 2 sans qu’on sache vraiment pourquoi, la maitrise du budget de la fonction publique devra passer aussi par la suppression de ces postes hiérarchiques.

  2. Le fait de diviser un territoire peuplé de 250 000 habitants en 3 provinces distinctes est aussi responsable du nombre élevé de fonctionnaires. Qui osera poser ce problème là ?

    • Tout à fait d’accord, les provinces devront se restructurer et certaines de leur compétences se réorganiser au profit du territoire, mais cela semble bien compliqué à réaliser, cela pourrait se faire après l’accord de Nouméa.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s