Arche ou crève !

Arche ou crève !

CinéNoéPapS’il y a une mine de scénarii, c’est bien dans la Bible qu’elle se trouve. Hollywood en fait ses choux, voire ses veaux, gras à une certaine époque avec « Les Dix Commandements » de Cecil B. De Mille ou carrément avec « La Bible » de John Huston. Ces films étaient assez près du Livre avec les premiers effets spéciaux qui faisaient entrer les foules en salles – tel le célèbre passage de la mer Rouge. En 2014, le numérique étant très performant, l’épisode de Noé avec arche et déluge était prometteur. Le scénario s’éloigne – et c’est tant mieux – du texte original pour avoir des répercussions actuelles. En effet, dans un monde apocalyptique à la Mad Max, l’Homme – ayant oublié Dieu – s’entretue pour des richesses terrestres. Le profit égoïste engendrant la violence, un grand coup de torchon s’impose d’où le déluge provoqué par la colère divine. On pourrait y voir la montée des Océans consécutive à l’industrialisation à outrance faisant fi du réchauffement climatique. Sauver les animaux qui eux sont restés près de la nature, contrairement à l’homme arrogant qui ne respecte pas la création, n’est pas si incroyable ; d’autant plus que, dans le cycle des grandes disparitions d’espèces, la race humaine ne fera pas le poids en face de certains insectes, pour ne citer qu’eux. Bref, c’est arche ou crève !

Puis, le récit lorgne vers un autre épisode biblique pour stigmatiser le fanatisme religieux qui gangrène notre époque. C’est pourquoi Noé, dans la seconde partie du film se comporte comme Abraham prêt à sacrifier son fils Isaac – ici, ce sont deux bébés-filles – car il pense que Dieu veut la destruction totale des humains, lui-même et sa petite famille n’étant que son instrument. La morale est donc de croire en l’homme avant tout. La fin du film redevient plus classique avec la colombe et son rameau d’olivier dans le bec et, surtout, l’enivrement de Noé qui induira la malédiction de Cham, un de ses trois fils – celui qui fondera les peuples des branches africaines, voués à l’esclavage de ceux engendrés par ses deux frères Sem et Japhet. La traite négrière a dû s’en inspirer… On a même droit à l’arc-en-ciel signant l’alliance de Dieu et des hommes. Ça c’est pour le fond…

La forme est à l’échelle du projet naval, c’est-à-dire gigantesque. Le film présente une belle esthétique : les paysages sont en scope magnifique, les décors décoiffent, les interprètes assurent – Crowe en patriarche têtu et la belle Jennifer Connelly que l’on aimerait bien connaître « bibliquement » – et les effets animaliers font mouche (si l’on ose dire). Là où le bât blesse, c’est d’avoir mis dans le scénario des géants de pierre, sorte d’anges gardiens du clan Noé, qui se déplacent et agissent comme des « Transformers » mal branlés à la voix caverneuse. Sûrement pour attirer un public ado, déjà noyé dans un déluge de pop corn. D’où un côté risible, encore souligné par des dialogues au ras des pâquerettes qui ont du mal à pousser d’ailleurs. Trop arrosées sans doute !

Rolross

NOÉ de Darren Aronofsky – USA – Aventure biblique avec Russel Crowe, Jennifer Connelly, Anthony Hopkins, Emma Watson, sans parler d’une figuration animale numérique conséquente – 2 h 19.

SmileysNoé

 

A voir ou à boire, un poil bêbête quand même !

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