Une drôle de campagne…

Une drôle de campagne…

Il demeure une drôle d’impression à l’issue de cette campagne provinciale. Comme un goût d’inachevé, eu égard aux sujets occultés alors que la mandature qui s’annonce est cruciale, ou d’entremêlé, causé par les si récentes municipales de mars. Deux importants scrutins en un peu plus d’un mois, cela peut faire beaucoup, effectivement, même si les enjeux ne sont pas véritablement les mêmes. Il n’empêche, il a donc fallu passer des trottoirs et des poubelles à l’avenir institutionnel sans la moindre pause.

Et au terme de ces semaines de campagne, dans les trois Provinces, on reste un peu sur notre faim. A l’aube de cette dernière mandature de l’Accord de Nouméa, chacun était en droit d’attendre des débats constructifs, des échanges fructueux, susceptibles d’éclaircir l’horizon. Malheureusement, il n’en fut rien. Sur les écrans télé, comme dans les nombreux meetings aux quatre coins du pays, les habituelles postures de deux camps arc-boutés sur leurs – vaines ? – convictions et rivés sur un seul objectif : la victoire quel qu’en soit le prix.

Ainsi, tous les partisans du maintien de la France – Calédonie ensemble, Front pour l’unité et Union pour la Calédonie dans la France – n’ont pas une seule fois mentionné l’état dans lequel se trouve le pays désormais présidé par François Hollande. Or, cet endettement chronique et cette incapacité à se réformer auront prochainement des impacts drastiques. A tous les niveaux. D’ailleurs, on peut clairement se demander combien de temps la France pourra encore honorer financièrement ses engagements en Nouvelle-Calédonie. Dès lors, avant même de se demander comment il faudra faire sans les 150 milliards de francs CFP transférés chaque année – argument souvent balancé aux indépendantistes –, il semble opportun d’envisager une sérieuse baisse de cette précieuse manne.

Ainsi, les indépendantistes n’ont toujours pas esquissé les contours d’un projet de société viable et équilibré. Un peu comme s’il fallait d’abord atteindre un but avant d’en dévoiler la nature et le paysage. Dans ce contexte, un autre exemple a frappé plus d’un observateur : la Charte du peuple Kanak… Pas un seul candidat n’en a parlé durant cette campagne alors que le Sénat coutumier en a fait un « outil incontournable » pour discuter de l’avenir. Nous-mêmes avons demandé aux trois principales têtes de liste non-indépendantistes en Province sud leur avis sur cette charte. Mais pas la moindre réponse de Cynthia Ligeard, Sonia Backes et Philippe Gomès. Peut-être un nouveau sujet tabou…

Quoi qu’il en soit, ces nombreuses et diverses questions éludées ou occultées, les – heureux ? – élus devront rapidement s’en emparer. Parce que les cinq années qui viennent seront déterminantes et qu’elles ne proposeront pas de nouveaux délais et répits. Dans la dernière ligne droite de l’Accord de Nouméa, il va falloir avancer et réformer ensemble. Enfin… sans craindre la sanction électorale. Car ce sera la fin d’un cycle, à terminer en beauté, avec courage et volonté.

Th. Squillario

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