Sept jours en mai

Sept jours en mai

Cette référence au film de John Frankenheimer, datant de 1964, exprime la durée idéale pour un festivalier cannois désirant assouvir sa passion pelliculaire. Hélas, pour votre serviteur, ce lundi sera son dernier jour « étoilé ». Clap de faim cinéphilique…

 

Quatrième jour – Badauds, piétons et automobilistes ont été ébahis par l’arrivée d’un tank sur le bord de mer. Il faut dire que la production et l’équipe des « Expendables », version 3, avaient mis le paquet pour promouvoir ce certain type de cinéma. Que l’on aime ou pas les grosses machines (gun??), la publicité lourdingue, si l’on ose dire, s’imposait pour les derniers feux de nos gros bras vieillissants – Stallone et Schwarzie en tête de pont. Même si ce cirque accroche toujours les regards et emplit les oreilles, « beaucoup de bruit pour pas grand-chose! » aurait dit le plus célèbre citoyen de Stratford upon Avon.

Après le soleil généreux du week-end ayant rempli les trottoirs et les terrasses de la Croisette, le ciel du lundi s’est obscurci de nuages bas et gris, générateurs d’une pluie fine et glaciale. Bref, un temps à mettre un cinéphile bien au chaud, à l’intérieur d’une salle éclairée par la seule magie d’un écran. Et ce dernier n’a pas été déçu par le film de 9 heures de la Quinzaine. Place aux gens du voyage avec le film de Jean-Charles Hue « Mange tes morts ». Un cinéma de véracité, de spontanéité, interprété par des amateurs très crédibles de cette communauté, toujours aussi méconnue, et à laquelle le réalisateur, admirateur de John Ford, donne chair et sang à travers un script fort et dramatique. La fratrie en virée mènera son voyage au bout de la nuit sombre. Dialogues crus, émotion et interprétation étonnante (et détonante) prennent le spectateur/gadjo à la gorge.

Lors de la séance suivante, la direction change carrément malgré un sujet similaire: un trajet dramatique et violent pour trois hommes que le destin réunit. « Cold in July » le film de Jim Mickle (déjà remarqué à la Quinzaine l’an dernier) est une réflexion sur l’emprise de la violence en milieu ordinaire. Ou comment un père de famille sans histoire en arrive-t-il à imiter le Travis de « Taxi Driver ». Un beau film de genre (et d’auteur) qui met en valeur un excellent trio d’acteurs bétons: Sam Shepard, Don Johnson et Michael C. Hall (tout juste sorti de la série Dexter). Bref, du noir profond et du rouge sang à un rythme crescendo. Comme nous l’avions déjà mentionné dans un article précédent, ces 110 minutes illustrent parfaitement la qualité artistique et « grand public » des nouvelles programmations cannoises. Pour moi, Cannes tire son rideau avec tristesse. Je saisis la canne de mon parapluie afin d’affronter le rideau de pluie extérieur. Nuages flottants… A l’année prochaine!

Sur la Croisette, Rolross

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