L’affaire calédonienne au menu du comité des 24 à Fidji

L’affaire calédonienne au menu du comité des 24 à Fidji

Le Comité des 24, qui est l’émanation de l’Assemblée générale de l’ONU pour les décolonisations, tenait son séminaire régional à Fidji du 21 au 23 mai 2014. C’est la troisième décennie internationale ouverte pour l’éradication du colonialisme. Au menu, des situations inextricables et des Etats improbables : Gibraltar, les Malouines, le Sahara occidental, Puerto Rico, Guam, Tokelau et ses 1431 habitants… Pour ce qui concerne la France : la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française sont à l’ordre du jour.

Michael Forrest, le représentant du FLNKS à Fidji.

Michael Forrest, le représentant du FLNKS à Fidji.

L’affaire des listes électorales a fait l’objet, le 21 mai, d’une après-midi de discussions animées avec l’exposé des deux thèses en présence par les deux experts invités par le Comité. L’intervention de Mathias Chauchat visait à démontrer la nécessité pour le juge d’ouvrir les dossiers des commissions administratives spéciale et d’en contrôler le travail devant la situation ubuesque née de la jurisprudence contradictoire du tribunal à Nouméa et de Koné. Celle d’Anne Gras a tourné autour de l’impossibilité pour le juge de le faire, car il n’est pas juge d’appel de la commission – qui l’est alors ? – et des nécessaires droits acquis du fait de l’accès à la citoyenneté et à l’emploi local. La discussion a progressé sur le corps électoral de sortie, chacun s’accordant à dire que l’absence de procédures fiables pour le corps provincial pèse lourdement sur sa réalisation concrète, suivant les mêmes chemins.

Il s’en est suivi un dialogue un peu surréaliste entre Gilles Montagnier, l’ambassadeur de France, et Michael Forrest, le représentant du FLNKS, qui rappelait les difficultés à mettre en œuvre la citoyenneté calédonienne. La France « coopère pleinement avec le Comité des 24 sur la Nouvelle-Calédonie suivant l’article 73 E de la Charte des Nations unies ». Les élections en Nouvelle-Calédonie se sont déroulées « dans la sérénité et la confiance, sans controverse majeure ». Tout va bien et, au nom de la séparation des pouvoirs, l’ambassadeur n’abordera pas les affaires judiciaires en cours.

Le lendemain matin, l’ambassadeur revient avec un « statement », une déclaration, d’ailleurs exacte et plus subtile, qui rappelle tout ce que la France a mis en œuvre en Nouvelle -Calédonie, de la mine au rééquilibrage. Et c’est le tour de la Polynésie. L’ambassadeur, quelques minutes auparavant, s’est levé et est parti boire un café, entrainant l’équipe du Haussariat à sa suite… Le sénateur indépendantiste de Polynésie, Richard Ariihau Tuheiava, parle en face d’une chaise vide. Discours attendu qui réaffirme les fondamentaux de la réinscription de la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser. Petit coup de griffe sur la Nouvelle-Calédonie en renfort du FLNKS. Est-ce bien aux juridictions nationales, qui statuent au nom du peuple français, de trancher une querelle sur la définition politique négociée dans l’Accord de Nouméa de l’accès à la citoyenneté calédonienne ?

Deux pays d’Outre-mer, dans des situations historiques parallèles, une même décennie de décolonisation, qui est un objectif officiellement partagé au sein du Comité, et deux attitudes de la France, dira Michael Forrest, en écho à son collègue du Tavini. Malaise pour le Comité des 24… Le dernier suspense est pour vendredi 23 mai où devrait être découvert l’avant-projet du rapport du Comité des 24 sur la situation en Nouvelle-Calédonie. Dans les couloirs, il se dit qu’il est d’une autre plume que le communiqué de presse insipide publié (trop) abondamment avant le scrutin provincial…

Th. S.

3 réflexions sur “L’affaire calédonienne au menu du comité des 24 à Fidji

  1. Plus de 20 ans après la signatures de Matignon, une question continue de nous Hanté: comment avec au départ autant d’atouts politique en faveur de l’indépendance, le processus de décolonisation engagé par les accords de Mat. et relayé par l’ADN , s’est -il traduit au final par son contraire: la mise en sommeil de la revendication indépendantiste et l’encouragement officiel à l’immigration????? Sommes nous encore conscient que nous sommes dans les gestions des pouvoirs et non des le droit fondamental de revendication??

    • Encouragement officiel à l’immigration ? J’aimerais bien voir ça. Des sources peut-être ? Le seul acte officiel est le gel du corps électoral en 2007. Ce n’est pas ce que l’on appelle un encouragement à l’immigration.
      Et en quoi la revendication indépendantiste est-elle mise en sommeil ? Je vois toujours des leaders indépendantistes la revendiquer, donc je ne comprends pas bien cette assertion.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s