André Dang : « M. Bretegnier méconnait totalement le projet KNS »

André Dang : « M. Bretegnier méconnait totalement le projet KNS »

Objet de nouvelles attaques de la part du président de PROMOSUD et de la présidente de la Province sud, le PDG de la SMSP a tenu à répliquer à ces salves verbales qui relèvent, selon lui, davantage de la propagande politique que de la réalité économique. Riposte…

André Dang estime que Pierre Bretegnier est incompétent pour parler de l'usine du Nord.

André Dang estime que Pierre Bretegnier est incompétent pour parler de l’usine du Nord.

l’Eveil calédonien : Ces dernières semaines, notamment depuis le protocole d’accord passé entre la Province sud et Vale et la SLN pour les gisements de Prony et de Pernod, vous êtes de nouveau dans le viseur du Rassemblement, mais également dans celui de l’UCF. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

André Dang : Pierre Bretegnier aime à faire croire aux Calédoniens que l’usine du Nord va coûter cher à la Province nord et à la SMSP. Il a indiqué que les surcoûts de production enregistrés sur l’usine du Nord ont nécessité la prise en charge par la SMSP de la moitié de ce surcoût. On parle ici de 700 milliards de francs CFP. Mais cette affirmation est totalement erronée et témoigne de la méconnaissance totale de M. Bretegnier au sujet du projet KNS. Comme nous l’avons déjà expliqué à de nombreuses reprises, aucun denier public n’a été et ne sera investi dans ce projet puisque son principe repose justement sur l’engagement ferme et irrévocable de notre partenaire Glencore de construire, quel que soit son coût, l’usine en Province nord.

Vous estimez donc que Pierre Bretegnier et les quelques autres contempteurs de l’usine du Nord racontent n’importe quoi ?

La SMSP n’a pas financé un seul franc du surcoût de construction, contrairement aux allégations de M. Bretegnier qui indique par ailleurs que la SMSP ne touchera pas de dividendes avant plusieurs décennies. Une nouvelle preuve de l’incompétence du président de PROMOSUD en matière économique, industrielle et financière. Quel investisseur se lancerait dans un projet de cette ampleur et accepterait d’assumer 100% du risque financier s’il n’était pas garanti de la rentabilité de son investissement ? A qui M. Bretegnier veut-il faire croire que Glencore serait prêt à signer des chèques de 7 milliards de dollars US sans aucune garantie de retour sur investissement et en renonçant, en outre, à la majorité des voix au conseil d’administration ? Car je rappelle qu’en plus de ne pas être mêlé financièrement à ce projet qui lui appartient pourtant, la SMSP détient la majorité des actions qui composent le capital de KNS. L’usine du Nord est un modèle de technologie, de performance et de rentabilité, qui sera extrêmement rémunérateur.

Et que répondez-vous à ceux – souvent les mêmes – qui critiquent votre délocalisation en Corée du Sud ?

M. Bretegnier omet de parler du problème des exportations de minerai brut qui, si elles sont l’apanage des pays sous-développés, continuent d’exister en Nouvelle-Calédonie, gaspillant ainsi une ressource que la SMSP valorise fortement ailleurs. Il ne s’agit pas de délocalisation. L’usine du Nord est et a toujours été la priorité de la SMSP et de la Province nord car elle crée des emplois et contribue au rééquilibrage de la Nouvelle-Calédonie. Avec le projet que nous avons initié en Corée du Sud, il n’était pas question de délocaliser l’outil industriel du Nord mais bel et bien de mettre en œuvre un outil intermédiaire permettant d’optimiser la valeur ajoutée de notre minerai, toujours en détenant une participation majoritaire.

Propos recueillis par Th. S.

Wamytan : « S’il faut travailler avec Philippe Gomès, on le fera »

Wamytan : « S’il faut travailler avec Philippe Gomès, on le fera »

La tête de liste indépendantiste en Province sud s’est exprimée ce lundi 21 avril dans le cadre de la clôture des trois journées du Mouvement nationaliste à Nouville. L’occasion, pour le président du Congrès, de rappeler certains fondamentaux et d’évoquer quelques perspectives…

 

Roch Wamytan aux côtés d'Anthony Lecren, son directeur de campagne.

Roch Wamytan aux côtés d’Anthony Lecren, son directeur de campagne.

 

l’Eveil : Etre le premier indépendantiste à conduire une liste unitaire depuis plus de vingt ans, cela vous impose de nouvelles responsabilités ?

Roch Wamytan : Peu importe les personnes, l’essentiel est maintenant de porter un même message auprès des électeurs de la Province sud. Il était important de rassembler nos militants et nos élus, c’est un symbole fort. Pour pleinement mobiliser, nous avions besoin de cette liste unitaire. Nous allons pouvoir quadriller l’ensemble de la Province sud.

Quelles sont les grandes lignes de ce programme unitaire ?

L’amélioration des conditions de vie des populations, ce qui passe par la lutte contre la vie chère, la réduction des inégalités, mais aussi par une modernisation de l’économie. Nous avons un potentiel important avec le nickel, une ressource qu’il ne faut pas gaspiller. Il est important de la maîtriser. Aujourd’hui, la Province sud fait en sorte que nos richesses profitent à d’autres. Cela doit changer.

Si Calédonie ensemble remporte ce scrutin en Province sud, cela vous amènera sans doute à travailler avec Philippe Gomès qui a tant fustigé votre coalition avec le Rassemblement et le double drapeau. Cela vous poserait un problème ?

Nous n’avons pas d’états d’âme, seul l’intérêt des populations compte. S’il faut travailler avec Philippe Gomès, on le fera. Si c’est avec un autre, nous le ferons également.

Avec cette liste unitaire, vous pouvez briguer la majorité au Congrès, cela vous fait peur ?

Pas du tout, c’est notre objectif. Cela nous permettra d’accélérer le processus et de finaliser l’Accord de Nouméa, notamment le transfert de l’article 27, afin de préparer au plus vite le référendum dans les meilleures conditions. Ce référendum, on va le gagner, mais il faut d’abord remporter les provinciales.

Pendant que certains parlent encore de l’Europe et de la France, vous préférez insister sur la zone Pacifique. Pour quelles raisons ?

L’Europe est vieillissante, ce n’est pas là-bas, à plus de 20 000 kilomètres, que se trouvent nos raisons d’espérer. Le centre de la croissance mondiale, aujourd’hui, c’est le Pacifique, là où nous sommes. Ce n’est pas moi qui le dit mais Barack Obama, le président des Etats-Unis. Nous devons donc tout mettre en œuvre pour nous insérer dans ce marché en pleine expansion.

Propos recueillis par Th. S.

L’interview imaginaire de Fifils

L’interview imaginaire de Fifils

ItwImaginaireFifilsLe maire de Nouméa a choisi de jouer encore la carte du silence à l’issue du premier tour des municipales. Nous en profitons donc pour lui ouvrir notre nouvelle rubrique : l’interview imaginaire. Nos questions et leurs réponses n’engagent bien évidemment pas le maire de Nouméa…

 

 

l’Eveil : Gaby Briault termine troisième de ce premier tour, loin de Sonia Lagarde et de Gaël Yanno. Cela vous surprend ?

Jean Lèques : Non pas du tout. Je m’y attendais. En public, je me suis bien gardé de donner mon avis, mais lors de mes nombreuses discussions en privé, je n’ai jamais caché que je ne croyais pas réellement aux chances de Gaby.

Pensez-vous que votre soutien a été utile dans ce scrutin ?

Il l’aurait été sans doute si nous avions présenté un autre candidat, bien moins marqué et usé que Gaby qui n’est plus un jeune premier. Mais le Rassemblement a fait son choix, aussi bon, légitime et opportun que les précédents.

On parle de tractations entre les listes de messieurs Briault et Yanno, quelle est votre analyse ?

Gaël Yanno nous a quittés parce qu’il estime que notre politique n’est pas bonne. Il n’y a donc aucune raison de lui rouvrir la porte parce qu’il a besoin de nous, sans lesquels il va perdre cette élection.

Toutefois, si un accord se dessine, quelle sera votre réaction ?

Vous n’êtes pas sans savoir que je n’apprécie guère mon Premier adjoint au maire et que je ne vais pas terminer ma carrière en lui cédant mon fauteuil comme ça, parce qu’il aimerait désormais par intérêt ceux qu’il déteste copieusement depuis de nombreux mois maintenant. En outre, vous n’êtes pas sans savoir que mon épouse, Evelyne, est une élue Calédonie ensemble. Donc…

Propos fictifs recueillis par Th. S.

De Greslan : « La mairie de Païta n’intéresse plus Harold Martin »

De Greslan : « La mairie de Païta n’intéresse plus Harold Martin »

Tête de liste Calédonie ensemble dans la commune du président du gouvernement, Frédéric de Greslan croit plus que jamais en ses chances de remporter la mise fin mars. Une confiance visiblement consolidée par sa campagne sur le terrain. Au contact d’une population qui serait plutôt déçue par le maire sortant… 

 

 

l’Eveil : Que répondez-vous à ceux qui déclarent que vous êtes un parachuté sur cette commune de Païta ?

Frédéric de Greslan : En ce qui me concerne, je n’ai pas été parachuté, j’ai été choisi par les gens du comité de Païta qui m’ont demandé de venir participer à leurs travaux d’abord, à diriger leur comité ensuite et, pour finir, qui m’ont fait l’honneur de me demander de tirer leur liste. Je n’ai pas été imposé de l’extérieur, mais demandé depuis Païta. Si j’y suis, c’est parce que cette commune me passionne littéralement. J’y trouve des gens absolument formidables avec une diversité ethnique et culturelle unique en Nouvelle-Calédonie. D’autre part, je connais cette commune depuis toujours, j’y ai passé beaucoup de temps enfant et puis adulte aussi. C’est une commune pleine d’opportunités, pleine de possibilités de développement. Faire évoluer Païta vers une ville du XXIe siècle me passionne. Mais il y a un énorme travail à réaliser, cela tombe bien puisque nous avons la détermination de le faire avec toute mon équipe.

De Greslan, c’est aussi un nom attaché historiquement à cette commune… 

De Greslan est un nom attaché à beaucoup de lieux en Nouvelle-Calédonie. A Païta, mon ancêtre, Evenor de Greslan, lorsqu’il s’est installé en Nouvelle-Calédonie, a sillonné beaucoup le territoire. Il a été l’un des premiers photographes de Nouvelle-Calédonie, il a photographié notamment l’ancêtre du maire sortant, Harold Martin. En effet, l’unique photo de James Paddon, c’est Evenor de Greslan qui l’a prise. Le grand chef historique de Païta, Titéma dit Watton, a également été photographié par mon ancêtre. Notre famille a laissé des traces dans de nombreux endroits. Et ce n’est pas un hasard si vous avez aussi un de Greslan sur la liste d’Harold Martin. Nous sommes ici depuis 1863, et en particulier à Païta, oui.

A la Province sud, deux vice-présidents, Alain Lazare et Pascal Vittori, postulent pour être maire de Boulouparis. En tant que membre du gouvernement, vous vous retrouvez face au président de l’exécutif à Païta, cela envenime vos relations ?

Non, au gouvernement, nos relations sont cordiales. Le gouvernement, c’est un mini Parlement où on retrouve sept partis politiques. Nous sommes donc dans l’opposition de cet exécutif face à la coalition en place. Chacun se respecte malgré tout. Il n’y a aucune tension particulière.

« On a l’impression de tomber un peu dans une ville du tiers-monde »

Que reprochez-vous le plus au maire sortant ?

La mairie de Païta ne l’intéresse plus. Cela fait longtemps qu’il a abandonné la commune. La plupart des administrés nous disent qu’il n’est jamais là, qu’il ne répond jamais aux sollicitations. Dans ces conditions, avec un exécutif absent, la commune n’avance pas. Et on a l’impression qu’elle est à l’abandon depuis ces six dernières années, pour ne pas dire plus. Quand on accumule les casquettes politiques, en étant président du gouvernement, la gestion d’une mairie peut paraître moins prestigieuse. Une impression de vacance du pouvoir ressort à Païta aujourd’hui. De ce fait, il manque énormément de choses dans cette commune. Il n’y a toujours pas de police municipale, pas de Centre communal d’action sociale, pas de plan d’urbanisme directeur, pas d’assainissement public, pas de crèches, pas de garderies, pas de piscine municipale, la liste est longue…

Vous êtes sur le terrain depuis de longues semaines, quelles sont, selon vous, les préoccupations de la population ?

La sécurité n’est pas un petit sujet à Païta, c’est un thème majeur qu’on essaie de minimiser du côté de l’exécutif, mais la délinquance a explosé dans la commune. Les chiffres de ces deux dernières années en attestent : les cambriolages ont énormément augmenté, les vols de voitures, c’est plus 25%. Et cela est ressenti dans tous les quartiers. Le sentiment de vivre dans une ville sale, pas entretenue, avec des rivières polluées et des décharges sauvages partout, est également omniprésent. Je ne suis pas un grand fan du maire de Dumbéa, mais quand on passe de Dumbéa à Païta, on a l’impression de tomber un peu dans une ville du tiers-monde. Cette commune a besoin d’un grand coup de balai, et je ne parle pas seulement de l’équipe sortante.

Si vous êtes élu maire, quelles seront vos premières mesures pour répondre aux attentes de la population ?

La première mesure, ce sera d’être présent, à l’écoute de la population. Une fois le conseil municipal réuni, nous donnerons un rendez-vous hebdomadaire à la population. C’est une démarche instaurée par Philippe Gomès à La Foa, on a l’intention de la mettre en place à Païta. Une fois par semaine, du matin au soir, toute l’équipe municipale, le maire en particulier, recevra la population sans rendez-vous. Cela permet bien souvent de régler beaucoup de problèmes. La deuxième urgence, c’est de réorganiser les services municipaux qui ne l’ont pas été depuis 25 ans. Cette mairie fonctionne sur le même schéma depuis fort longtemps et elle n’est plus assez efficace. Il nous faut rationnaliser ces services pour dégager des économies et des marges afin de pouvoir réaliser des investissements. Et puis il faudra aussi créer la police municipale que la population attend depuis longtemps. Un budget et des locaux seront nécessaires, cela ne se fera demain, d’un coup de baguette magique, mais nous sommes déterminés à finaliser ce dossier qui fait partie de nos priorités.

Propos recueillis par Th. S.

Paul Qaeze : « Il faut donner confiance à la jeunesse mélanésienne »

Paul Qaeze : « Il faut donner confiance à la jeunesse mélanésienne »
Paul Qaeze les quartiers, le destin commun et la jeunesse... Tout un programme.

Paul Qaeze les quartiers, le destin commun et la jeunesse… Tout un programme.

Présent sur la liste de Sonia Lagarde, ce médecin, bien connu également dans le monde du football puisqu’il est le président du FC Gaïtcha, a décidé de jouer désormais sur le terrain politique. Avec une grande ambition : cette jeunesse quelque peu égarée pour laquelle il faut se mobiliser…  

 

 

l’Eveil : Vous vous lancez dans l’arène politique à l’occasion des municipales de Nouméa. Qu’est-ce qui a motivé votre engagement ?

Paul Qaeze : Depuis quelques années, chaque jour, entre mon cabinet et chez moi, je vois sur le bord de la route de plus en plus de jeunes, notamment mélanésiens, souvent ivres à partir du lundi, ou alors sous l’emprise du cannabis. Quand on part faire des études en Métropole et qu’on revient chez soi, on doit travailler pour le pays. Il faut donc faire quelque chose pour la jeunesse. Au-delà des paroles, il faut maintenant des actes pour tenter de régler tous ces problèmes. Il se trouve que Philippe Gomès est venu me voir pour discuter de tout cela, c’était donc le moment ou jamais de me lancer dans cette nouvelle aventure politique avec Calédonie ensemble, pour défendre mes idées et présenter un véritable projet.

Justement, pour cette jeunesse en déshérence, qu’est-ce que vous préconisez ?

La première chose à faire pour la jeunesse mélanésienne, c’est de lui donner confiance, mais aussi de remettre au premier plan les valeurs de l’identité kanak chez les jeunes. Cela passe par des relais comme les cadres kanak dont je fais partie, ou encore des coutumiers qui doivent s’investir. Il ne faut plus rester dans son coin, mais aider notre jeunesse à retrouver les bons repères. Notamment le respect de l’autre.

« Tout mettre en œuvre pour que les décisions partent de la base »

Si vous êtes élu, vous allez mettre en place des structures pour cela ?

Tout à fait, il y aura une structure qui sera probablement créée, il faudra voir cela avec la future maire. Il y aura aussi des programmes et des actions menées sur le terrain. Comme je le disais, il faut créer des référents au niveau des quartiers de Nouméa, notamment dans le Nord. Nous devons aussi tout mettre en œuvre pour que les décisions ne partent plus seulement d’en haut, mais aussi de la base.

Cette campagne, elle se déroule de quelle façon ?

Je suis un novice donc j’apprends des choses dans ce nouveau monde. Je reçois plus que je donne pour le moment. Mais il n’y a pas, pour l’heure, de mauvaises surprises. J’ai décidé de faire quelque chose pour la jeunesse, je ne peux donc plus rester comme ça dans mon petit coin. J’ai toujours de la force pour aller sur le terrain et apporter mon expérience vers les plus jeunes. 

Propos recueillis par Th. S.

Eric Gay : « Nous sommes toujours fiers de ce que nous avons fait »

Eric Gay : « Nous sommes toujours fiers de ce que nous avons fait »

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Le maire sortant du Mont-Dore a effectué un bref passage ce lundi matin dans un édifice municipal où les commissions de révision des listes électorales ont débuté leurs travaux. L’occasion de faire le point avec un homme qui estime que son parti est toujours dans le vrai. Même si…

 

 

l’Eveil : Est-ce que la polémique née des radiations sur la liste spéciale perturbe selon vous la campagne municipale ?

Eric Gay : Oui, il y a un peu de perturbations dans les esprits, je sens les gens préoccupés par les propos radicaux entendus de part et d’autre. Dans mes réunions de campagne, les gens semblent toutefois davantage centrés sur leurs problèmes quotidiens. Mais en toile de fond, on ressent bien une certaine inquiétude face à la radicalisation du FLNKS et cette volonté d’exclusion. De notre côté, nous expliquons que nous avons toujours été contre ce gel, un combat que Pierre Frogier avait mené trop seul. Aujourd’hui, il semble qu’un peu plus de monde s’en soucie, tant mieux. Ce qui est important,  c’est d’empêcher ces radiations.

Comment percevez-vous le rôle de l’Etat dans cette affaire ?

Je suis très sceptique. On a le sentiment que le Haut-commissaire fait le maximum ici pour essayer de calmer le jeu, mais le positionnement du Premier ministre n’a absolument rien de rassurant, car on sait très bien que les juges auront le dernier mot, de façon indépendante. Mais je n’ai pas grande confiance dans ce gouvernement socialiste. Je suis surpris d’ailleurs qu’il soit appuyé par nos deux députés.

Samedi 1er mars, lors du meeting UCF, on a vu pas mal de têtes habituellement croisées lors des rendez-vous du Rassemblement. Cela vous inquiète ?

Non, je suis droit dans mes bottes, j’ai des valeurs, j’ai de l’honneur. Après, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais cela ne doit pas nous empêcher de poursuivre notre combat, d’essayer de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la France. Tout le monde n’utilise pas les mêmes méthodes et moyens pour y parvenir, mais je pense que cette période électorale perturbe le jeu et les réflexions.

« Bretegnier ? Une certaine forme de lâcheté » 

Le départ de Pierre Bretegnier au MPC, cela vous inspire un commentaire ?

Je suis déçu de la façon de faire. Deux jours auparavant, nous étions réunis à la Province. Rien ne laissait penser à un tel positionnement. Il y a une certaine forme de lâcheté dans cette attitude, d’autant que Pierre Frogier était toujours en Métropole. Il y a des choses que certains peuvent faire, qui nous font ni chaud ni froid parce qu’on connaît leur façon d’agir, et puis il y en a d’autres avec un impact sentimental, Pierre fait partie de ceux-là.

Pour en revenir à la campagne municipale, vous êtes plutôt confiant ?

Nous avons de bons retours. Nous sommes sur le terrain depuis le 9 janvier. J’ai bien évidemment un bilan à défendre avec mon équipe, un projet à présenter pour continuer ce qui a été déjà entrepris. Bien sûr, comme tout candidat sortant, on est l’objet d’attaques importantes voire méprisantes. Nos adversaires font, eux, des promesses extravagantes dans le domaine de la sécurité, de la circulation, etc. qui sont parfois d’ailleurs hors champ de compétences de la ville.

Deux ans après les législatives, vous êtes toujours marqué par cet échec ?

Cette expérience a été très enrichissante. J’en suis ressorti peut-être plus mûr, en ayant encore plus la volonté de défendre mes idées. Je n’ai aucun regret, je ne m’apitoie pas sur mon sort. Je suis encore intimement convaincu que nous avons eu raison de mener ce combat politique. Parce qu’il n’y a pas d’autre solution que la paix et le dialogue avec les indépendantistes. En face, on n’a peut-être plus des hommes comme Charly Pidjot capable de prendre de grandes décisions. De notre côté, nous sommes toujours fiers de ce que nous avons fait et on espère que le temps nous donnera raison. Il ne faut pas retomber dans les erreurs du passé.

 Propos recueillis par Th. S.

Louis-José Barbançon : « Les gens de La Foa parlent de la ‘‘clique’’ »

Louis-José Barbançon : « Les gens de La Foa parlent de la ‘‘clique’’ »
Dans la case du destin commun : autour de la flèche faîtière du pays Ciri, le chapeau broussard et le tanoa. Sur les pans du toit de la case le nom de la liste en langue Xaracuu et en langue Ciri. De part et d’autre de la base, la traduction en wallisien et en futunien.

Dans la case du destin commun : autour de la flèche faîtière du pays Ciri, le chapeau broussard et le tanoa.
Sur les pans du toit de la case le nom de la liste en langue Xaracuu et en langue Ciri.
De part et d’autre de la base, la traduction en wallisien et en futunien.

Candidat plutôt inattendu aux municipales à La Foa, l’ancien membre de la FNSC ne manque pas de mots pour fustiger la gestion de cette commune. Sera-ce suffisant pour perturber Calédonie ensemble dans un de ses fiefs ? Rien n’est moins sûr…

 

 

L’Eveil : Qu’est-ce qui vous a poussé à remettre les pieds dans l’arène politique ?

Louis-José Barbançon : Dans le cadre d’élections municipales, il s’agit du terme politique au sens premier, polis la cité en grec et donc la vie de la Cité. J’ai rencontré à La Foa une équipe animée par une double volonté. Une volonté bonne qui pourrait s’exprimer par les réponses à des questions de terrain, de pays : on parle de destin commun mais quand commence-t-on ? Aux municipales où ? A La Foa. Avec qui ? Avec des gens de La Foa qui se côtoient tous les jours qui ont fréquenté les mêmes bancs d’école, et qui ont décidé de laisser leurs convictions politiques de côté pour ces élections de proximité. Une volonté ardente de changer la chose publique, la res publica à La Foa en mettant fin à la gouvernance actuelle bien trop partisane. Cette volonté double est contenue dans l’intitulé de notre liste La Foa autrement, pour un destin commun.

Quels seront vos thèmes de campagne dans cette commune à forte majorité non-indépendantiste ?

Des thèmes uniquement municipaux qui concernent les gens dans leur vie quotidienne, quelle que soit leur communauté, leur situation sociale, leur âge ou leur appartenance politique. A La Foa, il ne s’agit pas de se positionner par rapport à un clivage gauche/droite ou indépendantistes/non indépendantistes mais de choisir entre conserver le système actuel dont toute une partie de la population se sent exclue ou en changer définitivement.

Que pouvez-vous reprocher à l’équipe sortante ?

Il serait plus facile de répondre à la question qu’est-ce qu’on pourrait ne pas leur reprocher ? A tel point que lorsque j’écoute les gens de La Foa, je n’entends jamais les termes « équipe sortante », ils emploient plutôt volontiers l’expression « la clique ». Le principal reproche qui s’exprime dans tous les milieux est celui d’avoir confisqué La Foa et de ne pas pratiquer une gestion au profit de tous. Un autre reproche récurrent est d’avoir privilégié le paraître aux dépens de l’être. On y organise une fête de l’eau très médiatique alors que, de l’autre côté du décor, sur la presqu’île Le Bris, à Amboa, ou Popidéry, une centaine d’habitations, deux fermes de crevettes, n’ont pas l’eau courante et vivent avec l’eau magnésienne des forages impropre à la consommation. La Foa est devenue une ville-rue, comme un décor de cinéma permanent qui disparaît dès que l’on s’éloigne dans les quartiers et les vallées. Mais le cœur de ville, encore un projet somptuaire, n’est pas tout La Foa, des cœurs battent aussi dans les tribus, les vallées, les quartiers et ce sont eux que notre liste veut faire entendre le 23 mars prochain.

 Propos recueillis par Th. S.