Port « Ouenghi…llotine » pour Alain Lazare ?

Port « Ouenghi…llotine » pour Alain Lazare ?

Boulouparis

C’est donc un courrier en date du 10 mars 2014, soit moins de quinze jours avant le scrutin municipal, et adressé aux propriétaires des lotissements de Port Ouenghi qui a retenu toute l’attention du rapporteur public du Tribunal administratif. Dans cette lettre, à en-tête de la commune et signée par le maire, Alain Lazare informe les administrés concernés « qu’à compter du 1er avril 2014, ces lotissements sont à la charge exclusive, totale et définitive de la collectivité communale ». Une promesse qui, selon Jean-Philippe Arruebo-Mannier, « juste avant les élections est de nature à avoir altéré la sincérité du scrutin ».

Yann Bignon, l'avocat d'Alain Lazare, aux côtés de Denis Milliard.

Yann Bignon, l’avocat d’Alain Lazare, aux côtés de Denis Milliard.

En réponse, alors qu’on aurait pu s’attendre à un vibrant plaidoyer de Yann Bignon, l’avocat d’Alain Lazare s’est peu exprimé, juste quelques longues secondes, pour marmonner qu’il ne voyait pas en quoi ce courrier aurait pu modifier le résultat du scrutin à Boulouparis. De son côté, le maire réélu de justesse – seulement 19 voix d’avance sur Pascal Vittori – préfère le silence. Toutefois, son entourage confie que cette annulation, si elle se confirme dans quelques jours, pourrait pousser à Alain Lazare à ne pas se représenter. De son côté, le battu de justesse, lui, est encore à Boulouparis, sur le terrain pas encore en campagne, mais dans les starting-blocks. Plus déterminé que jamais à repartir au combat. Cette fois pour s’imposer…

Th. S.

Après la trêve électorale, le combat judiciaire

Après la trêve électorale, le combat judiciaire

Avant les scrutins municipaux et provinciaux, le vice-président du gouvernement avait prévenu qu’il attaquerait le Haut-commissaire en justice. Maintenant que les élections sont passées, Gilbert Tyuienon passe à l’acte…

 

Certains ont l’air très surpris aujourd’hui de découvrir que le maire de Canala attaque effectivement Jean-Jacques Brot en justice. Soit ils ont oublié ce que Gilbert Tyuienon avait promis un peu avant le premier tour des municipales, soit ils croyaient que le vice-président du gouvernement se déballonnerait. Mais à l’issue du scrutin provincial, force est de constater que le Haut-commissaire est bien convoqué au tribunal pour des propos estimés diffamatoires.

Bien évidemment, cette affaire nous ramène à Nakéty et à ce déplacement du représentant de l’Etat prévu puis annulé à cause, selon Jean-Jacques Brot, d’un recueillement sur la tombe d’Eloi Machoro qui lui aurait été imposé sans que ses services et lui-même n’aient été prévenus. Or, comme nous l’avons déjà souligné il y a de nombreuses semaines, le Haut-commissaire était bien au courant, ainsi que ses troupes, de ce programme dont le menu comprenait dès le départ une halte devant la sépulture de l’ancien leader indépendantiste.

Il s’en est suivi des salves verbales balancées par un vitupérant Jean-Jacques Brot omniprésent dans les médias, notamment sur Radio Djiido et RRB. Et puis il y a ces courriers dans lesquels le représentant de l’Etat évoque le passé de Gilbert Tyuienon qui, lors des Evénements, était un proche du RPCR avant de rejoindre l’UC. Comme s’il était interdit de changer de chapelle politique. Quoi qu’il en soit, c’est désormais à la justice, le 13 juin, de nous dire s’il y a effectivement diffamation du Haussaire envers le vice-président du gouvernement.

Th. S.

Kalinowski et Guillemard relaxés

Kalinowski et Guillemard relaxés

Après de si longues années d’attente, le fameux procès du système Lafleur qui mettait en cause le promoteur Christian Kalinowski et l’ancien bras droit du président du RPCR de la grande époque, Jean-Pierre Guillemard, a donc accouché d’une souris. En l’occurrence la relaxe pour les deux hommes.

Pourtant, le procureur avait requis 1 an avec sursis, 30 millions de francs d’amende contre M. Kalinoswki pour abus de biens sociaux et 1 an avec sursis, 20 millions de francs d’amende et 5 ans d’interdiction d’exercer dans la Fonction publique contre M. Guillemard. Mais après les plaidoiries de la défense, notamment Me Leborgne, qui défendait le promoteur immobilier, le tribunal n’a pas été convaincu de la culpabilité des deux prévenus. Il reste maintenant à savoir si le procureur va faire appel…

Th. S.

Quand Gras fait son beurre

Quand Gras fait son beurre

Les électeurs convoqués par le Tribunal de première instance avaient-ils besoin de se faire défendre par un avocat ? Nous n’en sommes pas convaincus pour ce qui concerne tout ce qui a pu se passer à Nouméa puisque les juges ne sont pas allés chercher les dossiers et les éléments nécessaires, comme l’ont fait, de leur côté, les juges de Koné. Il suffisait en fait de ne pas se présenter, comme l’a d’ailleurs indiqué Mathias Chauchat sur les ondes de RRB à l’occasion d’un débat avec Sonia Backes, Virginie Ruffenach et Gérard Reignier.

Il n’empêche, Anne Gras était bel et bien là, allant même jusqu’à effectuer du démarchage au sein du tribunal. Une pratique plus que discutable nous semble-t-il… Mais l’avocate du Collectif de défense des citoyens calédoniens – monté par Calédonie ensemble, l’UCF et le FPU – a sans doute flairé la bonne affaire financière. En effet, en demandant 25 000 francs CFP par cas, si elle ne s’est occupée que de 1 000 électeurs sur les 5 000 concernés, les calculs sont vite faits : 25 millions de francs. Et si on parle de 2 000, alors la note monte à 50 millions. Sans doute l’avocate la mieux payée du siècle calédonien. Or, qu’a fait Maître Gras dans ces affaires ? Simple acte de présence… Pour un résultat qui aurait été le même sans avocat. Tous ceux qui ont donc payé les 25 000 francs demandés peuvent s’estimer un peu lésés…

Th. S.

A la barre : « Ici c’est la Kanaky »

A la barre : «  Ici c’est la Kanaky »

Ce mercredi 12 mars, le Tribunal a entendu un prévenu très détonant. Primo, il a clamé : « Ici c’est la Kanaky ». Du coup, il a rejeté le droit d’être jugé alors qu’il menace de mort le directeur du centre des Manguiers depuis cinq ans et qu’il le harcèle littéralement. Présent à l’audience sans avocat, il a tout de même reconnu les menaces de mort, revendiquant à plusieurs reprises : « Si un jour, vous me trouvez avec un sabre dans la main et sa tête dans l’autre, il ne faudra pas vous étonner ».

Autant dire que cette audience était très tendue, avec le service d’ordre présent, à cause de ce personnage plutôt explosif. Dans ce contexte, quels ont été le bilan des réquisitions et la sentence du jugement : maintien en liberté avec expertise psychologique à réaliser.

En résumé, un prévenu qui a déclaré devant le tribunal qu’il allait tuer quelqu’un. Il est même poursuivi pour cela, il démontre en outre sa dangerosité – puisque la présidente a fait prévenir le service d’ordre – mais il ressort libre… Vous avez dit bizarre ?

Maître Défonce