Vers un recours en annulation dans le Sud

Vers un recours en annulation dans le Sud

Au soir des résultats du scrutin des provinciales, dans notre premier compte-rendu de cette élection majeure, nous avions conclu qu’il subsistait une lourde inconnue et nous nous demandions si les indépendantistes n’allaient pas déposer un recours en annulation eu égard à un corps électoral qu’ils considèrent comme non sincère… Trois jours après, ce doute est levé puisque de nombreuses sources, du côté de la liste conduite par Roch Wamytan en Province sud, laissent entendre que cette démarche sera bientôt effective et qu’elle devrait être rendu publique demain, jeudi 15 mai.

Sans surprises, au vu des résultats et des scores très serrés avec l’UCF et le FPU, le monde indépendantiste, réuni hier à la tribu de Saint-Laurent, estime donc, fort de ces doutes confirmés sur la composition de la liste spéciale, qu’il dispose d’arguments solides pour obtenir gain de cause et effectuer, dans quelques mois, un nouveau tour de scrutin provincial. En 2009, les élections de la Province des îles de mai avaient été annulées et le second scrutin avait eu lieu en décembre, soit sept mois après. Sera-ce de nouveau le cas, pour le Sud cette fois, en 2014 ? Il reste bien évidemment à connaître la nature des requêtes de la liste unitaire de Roch Wamytan pour mieux apprécier le bien-fondé de cette nouvelle posture.

Th. S.

Province nord : pourquoi l’UC, malgré sa progression, n’a pas gagné

Province nord : pourquoi l’UC, malgré sa progression, n’a pas gagné

Les très bons résultats municipaux de l’Union calédonienne, conjugués à l’usure du pouvoir incarnée par Paul Neaoutyine, pouvaient laisser croire à une victoire de Gilbert Tyuienon dans le Nord. Mais il n’en fut rien. Tentative d’explication…

 

Outre l’analyse des chiffres que nous avons effectué dans ces mêmes colonnes, attestant de la capacité de l’UNI à récupérer de nombreuses voix du Parti travailliste mais aussi des suffrages de l’électorat non-indépendantiste, il faut également prendre en compte des paramètres internes à l’UC pour mieux comprendre ce nouvel échec de Gilbert Tyuienon.

Première évidence, le parti de Paul Néaoutyine a percé dans les grosses communes du Nord, là où l’UC avait placé sur sa liste des personnes éligibles qui auraient dû faire le travail sur le terrain. Visiblement, elles n’ont pas été assez performantes. De plus, dans les communes où l’Union calédonienne a été le moteur du changement lors des municipales, l’électorat n’a pas vraiment suivi lors des provinciales.

Un bilan nécessaire

En interne, dans l’équipe de campagne de Gilbert Tyuienon, certains font également cet autre constat : « Nous avons sûrement été naïfs de croire que la population ne croyait plus aux ragots, mais force est de constater aujourd’hui que, malgré notre campagne propre, l’UNI fait mieux que nous sur un bilan ! »

Or, ce bilan de la mandature, il ne peut être porté seulement par Paul Néaoutyine, même s’il en a été le dépositaire en sa qualité de président de la Province nord. Bien évidemment, le plus gros point de crispations, dans cette affaire, c’est l’usine du Nord, érigée en symbole de sa réussite par l’UNI alors que l’UC en a été le principal instigateur lors du préalable minier.

Au final, après avoir perdu de 210 voix en 2009, Gilbert Tyuienon s’incline de 602 voix cette année. Autant dire que, malgré sa nette progression, l’UC-FLNKS se doit de faire son bilan … Cet écart du 11 mai, il provient d’où ? Des communes où cette liste avait placé des candidats éligibles… De deux choses l’une : soit ces candidats n’ont pas été entendus, soit ils ont neutralisé la démarche !

Th. S.

Province nord : des communes emplies de surprises et de reports

Province nord : des communes emplies de surprises et de reports

La faible participation et l’érosion de l’électorat du Parti travailliste ont marqué ce scrutin dans le Nord. Toutefois, d’autres découvertes sont notables, qui peuvent se décrypter au travers du comparatif entre le scrutin de 2009 et celui de 2014, mais aussi d’une observation attentive des résultats des municipales. Paramètres…

 

1NordBelep

 

Dans la commune la plus au Nord de la Grande Terre, on ne peut pas expliquer autrement la fulgurante ascension de l’UC-FLNKS que par le report massif des voix de la FCCI qui, en 2009, avait recueilli 173 voix à Belep. Sans doute que l’UNI en a également un peu profité mais dans une bien moindre mesure.

 

2NordCanala

 

Dans son fief, Gilbert Tyuienon cartonne, réalisant un bien meilleur score qu’en 2009 mais aussi un meilleur total que son premier tour municipal le 23 mars dernier (1 135 voix). A Canala, les voix de la FCCI (271 en 2009) se sont reportées en nombre sur la liste du Parti travailliste où l’on trouvait Gaetan Dohouade, l’ancien bras droit de Léopold Jorédié.

 

3NordHouailou

 

Le symbole de la régression du Parti travailliste se trouve sûrement dans cette commune où la liste menée par Rock Doui avait récolté 304 voix. De plus, lors du premier tour des municipales, Georges Mandaoué avait recueilli 362 voix qui, un peu plus d’un mois après, se sont réduites comme une peau de chagrin. Et franchement, pour trouver une explication rationnelle, il faut se lever tôt…

 

4NordKoné

 

Dans la capitale de la Province nord, de nombreuses voix non-indépendantistes se sont perdues en route et sont sans doute aller rejoindre la liste de Paul Néaoutyine. En effet, lors du premier tour des municipales, Gérard Poadja avait récolté 741 voix auxquelles on pouvait également rajouter les 205 de Patricia Coulon. Or, les deux listes non-indépendantistes de ce scrutin n’ont recueilli que 652 suffrages. On peut donc penser que le score en hausse de l’UNI peut provenir de ce réservoir.

 

 

5NordKoumacDans le fief du veux Robert Frouin, il s’est tramé sans doute un peu le même scénario qu’à Koné. En effet, les listes de Gérard Poadja et de Francis Euriboa réalisent un total de 911 voix alors que lors du premier tour des municipales, Wilfried Weiss (628), Pierre Delhumeau (585) et Eric Gravina (236) avaient récolté 1 449 suffrages. Et à Koumac, comme par hasard, et l’UNI et l’UC-FLNKS ont beaucoup progressé, ce qui laisse à penser que des voix des trois listes non-indépendantistes des municipales se sont reportées sur Paul Néaoutyine ou Gilbert Tyuienon.

 

6NordPoindimié

 

La progression du président sortant de la Province nord, dans son fief, est impressionnante puisqu’il réalise un meilleur score qu’aux municipales (1 591 voix). Et comme on s’aperçoit que les deux listes non-indépendantistes ne recueillent que 450 voix, alors que Bernard Nenou, lors des municipales, avait recueilli 1 064 suffrages, on peut penser que l’UNI a récupéré quelques-unes de ses voix au passage, tout comme il a dû reprendre les nombreuses voix perdues par le Parti travailliste.

7NordPonérihouen

 

Le Parti travailliste a également beaucoup perdu dans cette commune. Par rapport à 2009, mais aussi par rapport au premier tour des municipales lors desquelles Hubert Naaoutchoue avait récolté 359 voix. Hasard ou pas, c’est encore Paul Néaoutyine qui progresse le plus dans ce contexte de régression du parti de Louis Kotra Uregeï. D’un point de vue général, on peut d’ailleurs penser que l’UNI a récupéré en 2014 de nombreuses voix perdues en 2009 qui avaient fait le bonheur du Parti travailliste.

8NordPouebo

 

Le Parti travailliste est encore celui qui est le plus meurtri dans cette commune, perdant énormément en cinq ans. En outre, lors du premier tour des municipales, Rock Doui avait recueilli 273 voix, un score supérieur à celui enregistré par Georges Mandaoué à l’issue de ces provinciales.

 

9NordPouembout

 

Voilà sans doute la commune qui souligne le plus les dissensions au sein de l’Union calédonienne. En effet, la liste de Gilbert Tyuienon fait moins bien qu’en 2009 mais elle est surtout loin d’atteindre les scores réalisés lors des municipales. En mars, en effet, Jean Naouna avait récolté 326 voix et Martine Bertoni 192 voix, soit un total de 518 voix. Or, avec seulement 189 suffrages, la tête de liste UC-FLNKS en est loin, très loin. Et à Pouembout, l’UNI réussit une belle progression. Est-ce surprenant ?

2009-2014 : le comparatif par commune dans le Sud

2009-2014 : le comparatif par commune dans le Sud

Pour mieux appréhender l’érosion de l’électorat du Rassemblement et de l’Avenir ensemble, ainsi que la progression de Calédonie ensemble, l’analyse des résultats et des chiffres, commune par commune, entre 2009 et 2014, est éloquente. Bilans…

 

1SudBoulouparis

 

Dans la commune d’Alain Lazare, force est de constater une chute vertigineuse en cinq ans pour le parti de Pierre Frogier dont les voix de 2009, ajoutées à celles de l’Avenir ensemble, ont été réduites de moitié en 2014 pour le FPU. En face, une ascension fulgurante pour Calédonie ensemble qui a certainement récupéré une bonne partie des voix de l’électorat municipal de Pascal Vittori, très déçu de ne pas retrouver son candidat sur la liste de Cynthia Ligeard. A Boulouparis, comme dans tant d’autres communes, la liste unitaire indépendantiste a fait mieux qu’il y a cinq ans.

 

 

 

2SudBourail

 

Dans la commune désormais gérée par Brigitte El Arbi, les mêmes constats pour le Rassemblement et l’Avenir ensemble, très en retrait en 2014. Et malgré la démission de Patrick Robelin, Calédonie ensemble améliore nettement son score de 2009. A Bourail, la liste unitaire de Roch Wamytan a également fait très fort, tout comme, à un degré moindre, l’UCF qui, partant pratiquement de rien, réalise un bon score, bien meilleur que le premier tour municipal de Carlo Bima (230 voix).

 

 

 

3SudDumbéa

 

Sans George Naturel sur la liste du Front pour l’unité, un nouveau score très en repli pour le Rassemblement et l’Avenir ensemble par rapport à 2009. De son côté, Philippe Gomès double la mise et réalise un bien meilleur résultat que Bernard Marant lors du premier tour des municipales (2 568 voix). De son côté, l’UCF fait moins bien que Gil Brial lors du premier tour des municipales (1 559 voix) et la liste unitaire indépendantiste réalise un bon score, sans doute amplifié par une partie de l’électorat de Muriel Malfar (1 038 voix au premier tour des municipales).

 

 

4SudFarino

 

 

La plus petite commune de Nouvelle-Calédonie, conquise en mars par Calédonie ensemble, a confirmé ce renversement de tendances le 11 mai, la liste de Philippe Gomès arrivant largement en tête devant le FPU de Cynthia Ligeard, pourtant soutenu par l’ancienne maire de Farino, Ghislaine Arlie.

 

 

5IlePins

 

 

L’une des rares communes où Calédonie ensemble est en recul dans le Sud. Mais à l’île des Pins, c’est bien évidemment la liste de Roch Wamytan qui réalise le meilleur score, loin devant tous les autres, le FPU devançant pour une fois Calédonie ensemble. Sans doute ce qu’il reste de l’effet Hilarion Vendegou, même s’il a été battu lors des municipales.

 

 

 

6SudLaFoa

 

Pas de surprise dans le fief de Calédonie ensemble qui réalise un meilleur score qu’en 2009 alors que le Rassemblement et l’Avenir ensemble sont en chute libre. A La Foa, il faut bien évidemment se demander où sont passées les voix de Lionnel Brinon lors du premier tour des municipales (399) qui, à l’instar de Pascal Vittori, a été laissé sur le bas côté lors de ces provinciales. Sans doute que Philippe Gomès en a récupéré une bonne partie…

 

 

7SudMoindou

 

La commune de Jo Peyronnet fait partie de ce centre calédonien dans lequel Calédonie ensemble est désormais très bien implanté. Le score de Philippe Gomès est donc encore en progression par rapport à 2009, alors que celui du Rassemblement et de l’Avenir ensemble est en chute libre. La liste de Roch Wamytan a réalisé un très bon score dans Moindou.

 

8SudMontDore

 

 

Le même constat dans la commune d’Eric Gay que dans celle de Georges Naturel. La liste de Cynthia Ligeard est en très net recul par rapport à 2009 alors que celle de Philippe Gomès est en notable progression. Et malgré le corps électoral gelé, le député de la seconde circonscription fait plus de voix que Monique Jandot lors du premier tour des municipales (3 600).

 

9SudNouméa

 

 

L’effet Lagarde a pleinement joué en faveur de Philippe Gomès qui, dans la foulée de la victoire municipale dans la capitale, réalise un excellent score, très proche du premier tour de la nouvelle maire de Nouméa (12 431). Le gel du corps électoral ne l’a donc pas trop affecté, au contraire de l’UCF qui avait recueilli avec Gaël Yanno, le 23 mars, 11 875 voix, donc bien plus que les 7 737 de Sonia Backes. En revanche, même s’il recule également dans cette commune, le FPU de Cynthia Ligeard a fait mieux que Gaby Briault lors du premier tour des municipales (5 284 voix).

 

 

10SudPaita

 

Ce qu’il n’était pas parvenu à faire en mars, sur le plan municipal, Philippe Gomès l’a réussi au niveau provincial : devancer Harold Martin dans son fief. A Païta, par rapport à 2009, Calédonie ensemble a doublé son score alors que le FPU, malgré la présence du maire réélu, est en net recul. En outre, la liste de Cynthia Ligeard réussit un bien plus mauvais score que le premier tour municipal d’Harold Martin (2 671 voix). De son côté, la liste unitaire indépendantiste fait encore le plein dans cette commune.

 

 

11SudPoya

 

Dans la foulée de la victoire de Yasmina Metzdorf lors des municipales, Calédonie ensemble s’impose également dans ce bout de Sud de la commune à la frontière si particulière. Comme un peu partout dans cette Province, la hausse de l’un doit être corrélée à la baisse des autres, un Rassemblement et un Avenir ensemble qui ont encore perdu près de la moitié de leur électorat dans Poya sud.

 

 

12SudSarraméa

 

Une autre des rares communes où Calédonie ensemble est en recul par rapport à 2009. A Sarraméa, ce scrutin provincial a confirmé la présence d’une large majorité indépendantiste puisque la liste de Roch Wamytan recueille 212 voix. Ce résultat aura-il des incidences municipales dans un Sarraméa géré par Alexandre Némébreux à la tête d’une majorité très fragile ? Voire… Quoi qu’il en soit, il ne reste plus grand chose du Rassemblement dans cette commune, puisque même la nouvelle UCF le devance grâce à la présence Jean-Charles Moglia.

 

13SudThio

 

 

Dans cette commune, Calédonie ensemble est en très net recul. La retraite de Thierry Song peut-elle expliquer à elle seule cette tendance ? Nous n’en sommes pas convaincus. Mais à Thio, la liste unitaire indépendantiste a transformé l’essai municipal avec l’élection de Jean-Patrick Toura. Roch Wamytan fait même mieux (898 voix) que le score du nouveau maire de la commune (708) mais moins bien que l’addition de ce score avec celui d’Odette Moindou (223 voix).

 

 

14SudYaté

 

 

Dans ce bastion indépendantiste de la Province sud, la liste unitaire de Roch Wamytan fait le plein des voix alors que Calédonie ensemble, sans doute grâce à l’apport d’Eliane Atiti, fait encore mieux qu’en 2009. Sans surprise, à Yaté, comme dans beaucoup d’autres communes, le Rassemblement et l’Avenir ensemble régressent.

 

 

Peut-on s’allier sans perdre son âme ?

Peut-on s’allier sans perdre son âme ?

Calédonie ensemble, le Front pour l’unité et l’Union pour la Calédonie dans la France envisagent de se retrouver autour de la même table. Mais on voit mal comment ils pourraient trouver un accord en restant droit dans leurs bottes. Perspectives…

 

Promis, juré ! Après avoir passé de longues semaines – campagnes municipale et provinciale – à se fustiger, ils vont tenter de se retrouver pour proposer un camp non-indépendantiste enfin uni. Si la promesse est louable, elle n’en demeure pas moins soumise à de nombreux impondérables qui risquent sérieusement de mettre à mal ces nouvelles intentions pacificatrices.

Et avec l’UCF et avec le FPU, d’un point de vue général, on ne peut pas dire que Calédonie ensemble soit totalement en phase sur de nombreux sujets. En résumé, le projet de société du parti de Philippe Gomès ne ressemble pas vraiment à celui défendu par Sonia Backes ou Cynthia Ligeard. C’est à la fois vrai dans le domaine de l’économie – avec le point d’orgue nickel et des divergences totales – du social et de l’éducation.

Tant de haine et de rancœurs

De plus, pour ce qui concerne l’avenir, on ne peut pas dire que le référendum éclairé de Calédonie ensemble ait ébloui l’UCF qui veut un référendum rapide et le FPU qui parle encore de troisième accord. Enfin, au-delà de ces désaccords patents, il y a bien évidemment les querelles d’ego. Comment Pierre Frogier et Philippe Gomès, qui se vouent une haine endémique, vont-ils pouvoir tout oublier ? Et comment Harold Martin, si critiqué par Calédonie ensemble, pourrait-il trouver sa place dans cette éventuelle nouvelle entente ? Tout le monde connaît également les rancœurs qui peuvent exister entre Sonia Backes et le député de la seconde circonscription.

Bref, on voit mal comment les trois années qui viennent de s’écouler, si âpres et controversées, pourraient être effacées par le coup de baguette magique des provinciales et ce besoin de se retrouver pour trouver une majorité. Si nouveau pacte il y aura, nul doute qu’il se fera avec quelques pertes et fracas pour quelques-uns. Et comme Calédonie ensemble mène désormais le bal, il est fort possible que les trépas soient nombreux. Et que certaines valeurs du socle de l’UCF, par exemple, volent en éclats…

Th. S.

Errare FPU est *

Errare FPU est *

La composition de la liste menée par Cynthia Ligeard a subi de nombreuses remarques de notre part que les urnes ont parfaitement confirmées. Notamment cette absence des maires réélus…

 

Se priver de l’expérience de certains élus et privilégier le renouvellement : telle a donc été la stratégie du Front pour l’unité en Province sud, une nouvelle orientation agrémentée d’une seule exception : Harold Martin, le maire de Païta. En revanche, malgré leur réélection, ni Eric Gay (Mont-Dore) ni George Naturel (Dumbéa) n’avaient été conviés à intégrer la liste conduite par Cynthia Ligeard. Il y a quelques semaines, nous avions écrit combien il nous paraissait périlleux de se priver de ces deux maires sortants qui, même sans avoir une place éligible, auraient dû se retrouver sur cette liste FPU.

Or, le 11 mai, que s’est-il passé dans ces deux communes ? Calédonie ensemble est arrivé en tête, largement devant le Front pour l’unité dont les électeurs, privés du repère que peut être un maire sortant, ont sans doute été un peu perdus. Pour preuve, par rapport au premier tour des municipales de mars, force est de constater les écarts énormes : Eric Gay avait recueilli 4 815 voix dans sa commune alors que Cynthia Ligeard n’a obtenu que 2 622 suffrages ; George Naturel avait recueilli quant à lui 3 689 voix alors que Cynthia Ligeard n’a obtenu 2 103 suffrages. La chute est vertigineuse qui ne peut s’expliquer que par le seul gel du corps électoral…

Martin pas d’un grand secours

Et que dire de Païta où Harold Martin, présent lui, n’est pas parvenu à égaler son score du premier tour des municipales (2 671 voix), Cynthia Ligeard stagnant à 1 609 suffrages. Visiblement, le président du gouvernement n’a pas été d’un grand secours pour le FPU et son image très controversée a sans doute plus coûté qu’elle n’a rapporté. Avant ce scrutin, nous nous étions également étonnés de l’absence de certains broussards sur cette liste du Front pour l’unité, notamment Nadir Boufenèche à Bourail. Sans surprise, Cynthia Ligeard a fait moins bien (427 voix) dans cette commune que le représentant de son parti lors du premier tour des municipales (606).

Au lendemain de ce scrutin provincial, ces erreurs de casting ont donc été largement sanctionnées par l’électorat du Rassemblement, dont le recul par rapport à 2009 est impressionnant. On peut également remarquer que les urnes ont sanctionné une nouvelle fois la politique d’ouverture de Pierre Frogier. Comme on pouvait donc le présager, la logique des blocs est de retour. Pour quel résultat ?

Th. S.

* L’erreur est FPU.