Le danger des produits premiers prix

Le danger des produits premiers prix

« Des viandes grises-verdâtres impropres à la consommation humaine dans des charcuteries, moisissures, souris vivantes ou mortes, excréments de souris dans des étuves à chorizo. » : tel est le menu peu ragoûtant de la Cour des comptes. Dans un nouveau rapport, elle s’inquiète, derrière une offre semblant « attractive », de la qualité de certains produits premiers prix qui, à terme, pourraient avoir « des répercussions sur la santé publique ».

L’institution présidée par Didier Migaux déplore également le manque de transparence dans le secteur agroalimentaire et de la rareté des contrôles. « Un établissement de remise directe (boucherie, restaurant, centre commercial…) sera en moyenne contrôlé trois fois au cours d’un siècle », avertit une administratrice au Syndicat national des inspecteurs en sécurité publique vétérinaire. De son côté, la Cour des comptes évoque un manque d’enquêteurs. Quoi qu’il en soit, les consommateurs sont désormais prévenus du danger de consommer certains produits… La même prudence doit-elle prévaloir en Nouvelle-Calédonie ?

Th. S.

Saint-Louis : le calme après la tempête…

Saint-Louis : le calme après la tempête…

La réunion organisée mercredi à la Maison commune a visiblement apaisé les esprits les plus échaudés. Plus de 400 personnes étaient là pour échanger, s’expliquer et tenter de mieux se comprendre.

Après quatre jours de heurts, l'apaisement semble de rigueur du côté de Saint-Louis.

Après quatre jours de heurts, l’apaisement semble de rigueur du côté de Saint-Louis.

Il a fallu un certain temps, hier mercredi après le début de la réunion regroupant les chefferies du Mont-Dore, de Saint-Louis, de l’île Ouen et de Goro, pour que les discussions puissent s’engager dans un climat serein. En effet, les nombreux jeunes présents étaient sur des charbons ardents, toujours aussi déterminés et vindicatifs. Les coutumiers présents, parmi lesquels Roch Wamytan (pour Saint-Louis) et Aldo Moyatea, le fils de Robert (pour le Mont-Dore), ont d’abord rappelé les faits et le sens de cette décision d’accorder un délai de deux mois pour une remise à plat totale pour l’usine du Sud.

Sans doute que cette explication, les yeux dans les yeux, a permis à chacun de mieux appréhender la situation car « les jeunes n’avaient pas compris ce délai, ils ne voyaient pas les choses comme ça », nous a expliqué Aldo Moyatea. De plus, les coutumiers ont insisté sur le fait que ce n’est pas en caillassant les voitures ou en tirant sur les gendarmes, donc en se mettant à dos la population, qu’on trouve des solutions. Visiblement, une majorité de jeunes a bien perçu ces messages, même s’il y a toujours cette crainte de quelques irréductibles prêts à continuer sur cette même ligne belliqueuse. Aujourd’hui, le calme semble s’installer à Saint-Louis où le mot d’ordre est désormais de donner une information juste et correcte à tout le monde. Il était temps…

Th. S.

Saint-Louis : rendez-vous important demain

Saint-Louis : rendez-vous important demain

Dans le milieu de la matinée, demain mercredi, une réunion est prévue entre les chefferies du Mont-Dore – avec Robert Moyatea – et de Saint-Louis – avec Roch Wamytan –, entrevue au cours de laquelle doivent se retrouver les coutumiers et les jeunes qui demandent tant à être écoutés et qui ne s’estiment pas vraiment entendus, depuis quelques jours, dans cette crise générée par cette décision des coutumiers du Sud d’accorder un délai de deux mois à Vale NC.

De la tournure de ce rendez-vous dépendra sûrement la suite des événements. Si les « vieux » parviennent à bien se faire comprendre, l’apaisement pourrait être envisageable. Dans le cas contraire, alors même que des jeunes venus d’autres communes se greffent désormais au groupe issu de la tribu de Saint-Louis, on voit mal comment les choses pourraient s’arranger. De plus, dans le contexte actuel si précaire, il en faut très peu pour allumer de nouvelles mèches…

Eric Gay, un maire à la hauteur en ces jours de crise sur le Mont-Dore.

Eric Gay, un maire à la hauteur en ces jours de crise sur le Mont-Dore.

Ce mardi 27 mai, Eric Gay a démontré qu’il était un homme de terrain, courageux et prêt à tout pour tenter de trouver des solutions. Le maire du Mont-Dore a été si souvent critiqué lorsqu’il commettait quelques écarts qu’il est nécessaire, quand les circonstances l’imposent, de saluer sa bravoure et son sang-froid. Même au sein de la tribu de Saint-Louis, où il s’est rendu, les Kanak et les coutumiers ont apprécié de le voir, soucieux de préserver l’intérêt général, à l’écoute de tout son monde. Comme tant d’autres, Eric Gay, plus inquiet que jamais, compte sur cette réunion de demain pour éclaircir enfin l’horizon.

Th. S.

La réhabilitation des squats est-elle en train de devenir du racket organisé ?

La réhabilitation des squats est-elle en train de devenir du racket organisé ?

Depuis le début de l’année, le squat Kawiti, rebaptisé « Presqu’île océanienne » dans le cadre de la réhabilitation initiée par la Province sud de Pierre Frogier, est le théâtre d’une nouvelle polémique. Des blocs sanitaires y sont installés, mais leurs coûts s’avèrent prohibitifs pour de nombreuses familles…

La visite de ces blocs sanitaires qui ne semblent pas aux normes laisse pantois.

La visite de ces blocs sanitaires qui ne semblent pas aux normes laisse pantois.

Ce dimanche 4 mai, les 187 familles du squat Kawiti en ont vu passer des élus. La liste unitaire indépendantiste dans la matinée, puis Calédonie ensemble et le Front pour l’unité dans l’après-midi. L’imminence des provinciales n’a trompé personne, bien évidemment, mais dans cette « presqu’île océanienne » initiée par Pierre Frogier depuis 2011, là où même Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, est passée, il se trame aujourd’hui de drôles de « coûts », pas du goût de tout le monde.

En effet, depuis le mois de janvier de cette année, des blocs sanitaires sont installés devant les cabanes. Une amélioration qui ne serait pas contestable si elle n’était pas assortie d’une construction qui ne semble pas aux normes et d’un prix qui peut paraître trop élevé pour le service rendu. Car pour bénéficier de l’eau et de l’électricité, il faut débourser 10% de ses revenus bruts pour chaque occupant d’une même cabane. Certaines familles doivent donc payer 37 000 francs, d’autres 75 000 francs pour des toilettes et une douche très étroite dans un bâtiment sans réelle aération où les fuites sont déjà nombreuses.

« Qu’est-ce qu’on devient demain ? »

« C’est du racket », a balancé Frédéric de Greslan à toutes les familles venues l’écouter. « Vous devriez payer un forfait, tout au plus 5 000 francs par mois, mais pas de telles sommes avec lesquelles vous pourriez vous payer un grand logement social. » Après avoir fait annuler ce dispositif à deux reprises devant le Tribunal administratif, Calédonie ensemble a rappelé qu’il était contre cette réhabilitation parce qu’elle ne proposait aucune sortie du squat, alors que la relance de la construction des logements sociaux pourrait offrir de nouvelles perspectives.

Si le FPU continue de privilégier sa démarche initiée depuis plus de deux ans par l’ancien président de la Province sud, il se retrouve aujourd’hui confronté à la rancœur tenace de nombreuses familles qui s’estiment lésées, d’autant que les sanctions sont lourdes en cas de défaut de paiement. Pour leur part, avec Sylvain Pabouty, les indépendantistes ont annoncé vouloir faire de ce squat un village océanien, avec la garantie de l’accession à la propriété. « Qu’est-ce qu’on devient demain ? », s’est interrogé Paolo Sio ce dimanche après-midi. Nul doute que le résultat des provinciales aura de nombreuses incidences sur cet avenir du squat Kawiti…

Th. S.

Que penser de cette arme de gendarme volée ?

Que penser de cette arme de gendarme volée ?

Le 13 avril dernier, un gendarme s’est donc fait voler son arme ainsi que son ceinturon, des munitions, des menottes et une bombe lacrymogène à son domicile par de jeunes délinquants dont les quatre évadés du Camp-Est du 4 avril : Jean-Paul et Brice Kamodji, Anderson Kate et Daniel Sochoucoe. Première interrogation : comment se fait-il qu’un gendarme laisse trainer de telles affaires comme ça ? N’y a-t-il pas une armurerie sur son lieu de travail où il devrait laisser son arme ?

Mais ce n’est pas tout… Si les forces de l’ordre sont incapables de dénicher les fugitifs du centre pénitentiaire, en revanche, elles parviennent à trouver un téléphone portable abandonné. Et que révèle ce mobilis ? Des photos de ces jeunes exhibant leur larcin avec fierté. Et naturellement, lorsque des jeunes Kanak volent une arme, ils ne peuvent pas s’empêcher de faire une photo de ce pistolet militaire sans y joindre le drapeau indépendantiste en arrière-plan… Et pourquoi pas le drapeau français ? Seconde interrogation : ces jeunes délinquants sont-ils assez cons pour se prendre en photo et balancer ensuite le téléphone ?

Franchement, en cette période électorale, il est permis de s’interroger sur la nature de ces faits et la façon avec laquelle ils sont présentés. Une arme, des jeunes délinquants Kanak, un drapeau indépendantiste mis en exergue…  Vous avez dit message subliminal ? Ou bien alors manipulation ?

Th. S.

La Charte du peuple Kanak

La Charte du peuple Kanak
PaysKanak

Les huit pays Kanak.

Ce samedi 26 avril 2014, la Charte du peuple Kanak a été entérinée à Kowe Kara au cours d’une journée qualifiée d’historique par ses organisateurs. Elle édicte le socle commun des valeurs et les principes fondamentaux de la civilisation Kanak. Pour permettre à chacun de s’imprégner du contenu de ce document, nous vous proposons donc de pouvoir le consulter. Son introduction est consacrée à la Mémoire, s’ensuit un Préambule puis trois chapitres : le premier concerne les valeurs fondamentales de la civilisation Kanak ; le deuxième les principes généraux de cette civilisation ; et le troisième évoque l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple Kanak.

ChartePap

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Une charte, le peuple Kanak et tant d’absents

Une charte, le peuple Kanak et tant d’absents

Ce 26 avril 2014 est une date historique pour le Sénat coutumier qui a donc organisé la grande journée du peuple Kanak, présentant sa charte devant plus de 600 personnes. Mais il y avait tant d’invités manquants…

Les deux drapeaux à Kowe Kara mais pas d'élus du Rassemblement.

Les deux drapeaux à Kowe Kara mais pas d’élus du Rassemblement.

Les deux drapeaux était bel et bien là à Kowe Kara encadrant l’étendard du Sénat coutumier, mais certains initiateurs de cette démarche, eux, étaient aux abonnés absents. Pas le moindre élu du Rassemblement, nulle trace de Pierre Frogier non plus, pour participer à cette grande journée et à la proclamation de la charte du peuple Kanak dans laquelle on retrouve donc le socle commun des valeurs et les principes fondamentaux d’une civilisation.

Toutefois, il y avait bien d’autres absents encore ce matin. Pas de parlementaires, pas de consuls, tous invités mais qui ont décliné sans répondre, à l’exception de la très polie Nouvelle-Zélande. La campagne des provinciales suffit-elle à expliquer autant de défaillances ? Nous n’en sommes pas convaincus, d’autant que Roch Wamytan (UC) était là, tout comme Louis Kotra Uregeï (Parti travailliste) ou encore Léonard Sam (Calédonie ensemble). Heureusement que le président du Congrès était là, d’ailleurs, car il était bien le seul chef d’une institution au rendez-vous puisque Harold Martin, président du gouvernement, Cynthia Ligeard, présidente de la Province sud, et Paul Néaoutyine, président de la Province nord, n’étaient pas là. Et ne parlons pas de l’Etat dont nous n’avons pas vu le représentant lorsque nous étions présents.

« Un événement fondateur »

Pourtant, cette charte est considérée aujourd’hui comme « un événement exceptionnel, un événement fondateur pour le peuple Kanak, peuple premier », selon Paul Vakié, le président du Sénat coutumier. « La proclamation de la charte de la peuple Kanak est événement historique sur le plan coutumier comme le fut la création le 13 avril 1950 du premier conseil des notables composé de 24 grands chefs par l’UICALO et l’AICLF ou comme fut ‘‘Melanesia 2000’’ en 1975 organisé par Jean-Marie Tjibaou qui mobilisa ‘‘avec le chemin de la paille’’ et pour la première fois à Nouméa, les chefferies de la Grande Terre et des Iles. »

Ce samedi matin, Luc Wema , le porte-parole du Sénat coutumier, est même allé plus loin, affirmant que cette charte est un « élément incontournable pour la sortie de l’Accord de Nouméa ». Après de longs mois de travaux et des semaines de synthèse, les huit pays Kanak sont donc en mesure de présenter un document « revisité avec les juristes », qui « présente une cohérence parfaite et offre une lecture plus limpide » pour Paul Vakié. « Grâce au socle commun des valeurs Kanak et au travail de mobilisation, nous allons pouvoir donner à notre jeunesse des repères et à la société calédonienne des références et une nouvelle vision de la société à construire. » Jean-Louis Veyret, le président de la Fondation des pionniers, était au premier rang pour bien enregistrer tous ces messages. Aura-t-il le courage de le diffuser et de le faire comprendre à tous les absents de sa communauté ? Voire…

Th. S.

Luc Wema estime que cette charte sera un élément incontournable pour la sortie de l'Accord de Nouméa.

Luc Wema estime que cette charte sera un élément incontournable pour la sortie de l’Accord de Nouméa.

Jean-Louis Veyret, l'un des rares pionniers présents.

Jean-Louis Veyret, l’un des rares pionniers présents.