Yanno évoque les « turpitudes » de Frogier

Yanno évoque les « turpitudes » de Frogier

Comme on pouvait s’y attendre, le nouveau président du Congrès a répondu, sur les écrans de NC 1ère, au communiqué du président du Rassemblement fustigeant Jean-François Copé. Entre Gaël Yanno et Pierre Frogier, nous sommes encore loin d’un contrat d’indulgence salutaire…

 

Le leader du MPC, parti qui est désormais le représentant officiel de l’UMP en Nouvelle-Calédonie, s’est bien gardé, lors du journal télévisé de ce jeudi 29 mai, d’évoquer l’affaire Bygmalion et ses prolongements politico-judiciaires. Non, Gaël Yanno a préféré répliquer à son ancien président de parti, un Pierre Frogier qui a profité du retrait de Jean-François Copé pour régler quelques comptes personnels dans un communiqué« C’est une façon de s’exonérer de toutes responsabilités », selon le président du Congrès. « La déroute électorale du Rassemblement, c’est la faute de Philippe Gomès, les difficultés internes du Rassemblement, c’est la faute de Jean-François Copé, il faudrait simplement que Pierre Frogier s’interroge sur ses propres responsabilités. »

Si les rapprochements entre les trois partis majeurs du camp non-indépendantiste sont bien avérés au sein du contrat de gouvernance solidaire, force est de constater, entre élus, des rivalités qui demeurent… Et une liberté de ton et de réactions qu’il faut saluer, tant elle participe à la démocratie. Et si Gaël Yanno conseille à son ancien président de parti une autocritique « plutôt que d’accuser à chaque fois d’autres de ses propres turpitudes », il serait peut-être opportun d’organiser un débat entre les deux hommes qui pourraient ainsi échanger les yeux dans yeux en direct. Et non plus par communiqués interposés…

Th. S.

Pourquoi il faut prendre la majorité dans la SLN

Pourquoi il faut prendre la majorité dans la SLN

Par André Dang *

La STCPI a été créée en l’an 2000 dans le cadre d’une structure consensuelle réunissant les trois Provinces. L’actif est constitué d’actions d’Eramet et de SLN. A ce jour, la STCPI ne détient que 34% du capital de la SLN. Or, la STCPI a pour vocation de participer au développement économique des Provinces. C’est le résultat d’une volonté de l’Etat français qui a permis les acquisitions d’actions pour environ 20 milliards de francs CFP. Au stade où nous en sommes, nous ne pouvons que constater que, non content de ponctionner la trésorerie de la SLN pour investir en dehors de la Nouvelle-Calédonie, le groupe Eramet est fragilisé dans son propre actionnariat du fait de la présence d’actionnaires privés (la famille Duval).

Eramet est donc susceptible de tomber dans l’escarcelle d’un Groupe international avec, dans la corbeille, la SLN. Cela ne serait pas la première fois, vous n’avez qu’à regarder les exemples de grandes sociétés françaises telles que Arcelor, Pechiney et prochainement Alstom. Tout cela n’est pas de la science-fiction malheureusement. En disposant de 51% dans la SLN, la Nouvelle-Calédonie garderait la maîtrise et le contrôle de sa ressource minière tout en respectant l’environnement.

Ce qu’il manque encore, c’est une vision à long terme, une transparence qui n’existe pas, à ce jour, envers le pays et, dans ce sens, une gestion axée vers la Nouvelle-Calédonie et non pas vers quelques bureaux feutrés Parisiens. Je vais vous donner quelques rapides exemples. Lorsque la SMSP a racheté à la SLN, en 1992, le domaine minier qu’elle exploite actuellement, le minerai riche avait déjà été purgé et il ne restait, selon eux, qu’environ 4,4 millions de tonnes commercialisables. Nous en avons tiré pratiquement 20 millions de tonnes de minerai humide et plus – 30 millions de tonnes du fait de l’abaissement de la teneur. Soit la transparence n’était pas au rendez-vous, soit c’était de l’ignorance, ce qui est encore pire. Plus brièvement, si l’on s’en était tenu aux déclarations de la SLN, nous aurions mis depuis longtemps, comme on dit « la clef sous la porte ».

Deuxième exemple, nous avons construit une Usine métallurgique dans le Nord (Koniambo), qui fonctionne et qui est en pleine montée en puissance. Notre filiale KNS dispose d’environ 4% seulement de la surface minière concédée du territoire pour alimenter la plus importante usine jamais construite en une seule fois dans le monde et pour un siècle de production. La SLN en dispose, à elle seule, de 53% de cette surface minière. Il serait donc tout à fait logique que ce patrimoine minier soit détenu en majorité par le pays. Et nous avons l’outil pour ce faire, la STCPI. Nous avons également les accords de notre côté puisqu’il suffit d’opérer un simple échange entre les actions Eramet et SLN comme cela a été prévu à l’époque. De cette façon, la Nouvelle-Calédonie s’écarte du risque éventuel d’un raid sur Eramet. Mais jusqu’à ce jour, la SLN a toujours pesé de son poids sur PROMOSUD pour éviter cette excellente opportunité. Il n’y a qu’à voir encore les déclarations de soumission à la SLN de Cynthia Ligeard, l’ancienne présidente de la Province sud et future présidente du gouvernement, pour comprendre le « lobbying » assuré en permanence par les dirigeants de la « vieille dame ».

Je veux mettre en garde les Calédoniens contre les conséquences de toute confiance qui serait mal placée au profit des élus dont on constate qu’ils sont parfois bien mal conseillés et qui risquent de conduire la Nouvelle-Calédonie à la perte de ses ressources minières. Ces richesses sont vitales pour le pays et je le martèle, toutes les filières minières et métallurgiques doivent être détenues en majorité par le pays. Tel a toujours été mon combat et je continuerai à défendre cette idée et cette stratégie.

Les propos de cette Tribune n’engagent que leurs auteurs.

* PDG de la SMSP.

Le danger des produits premiers prix

Le danger des produits premiers prix

« Des viandes grises-verdâtres impropres à la consommation humaine dans des charcuteries, moisissures, souris vivantes ou mortes, excréments de souris dans des étuves à chorizo. » : tel est le menu peu ragoûtant de la Cour des comptes. Dans un nouveau rapport, elle s’inquiète, derrière une offre semblant « attractive », de la qualité de certains produits premiers prix qui, à terme, pourraient avoir « des répercussions sur la santé publique ».

L’institution présidée par Didier Migaux déplore également le manque de transparence dans le secteur agroalimentaire et de la rareté des contrôles. « Un établissement de remise directe (boucherie, restaurant, centre commercial…) sera en moyenne contrôlé trois fois au cours d’un siècle », avertit une administratrice au Syndicat national des inspecteurs en sécurité publique vétérinaire. De son côté, la Cour des comptes évoque un manque d’enquêteurs. Quoi qu’il en soit, les consommateurs sont désormais prévenus du danger de consommer certains produits… La même prudence doit-elle prévaloir en Nouvelle-Calédonie ?

Th. S.

La France… Mauvais exemple à ne pas suivre

La France… Mauvais exemple à ne pas suivre

Alors que la Nouvelle-Calédonie va devoir accepter et digérer quelques nécessaires réformes, il faut espérer que nos élus seront plus courageux et pragmatiques que les politiques – UMP et PS – qui sont à la tête de l’Etat français depuis plus de vingt ans. Démarcation…

  

Deux nouveaux rapports – de la Cour des comptes et du Haut conseil des finances publiques (HCFP) – jettent une lumière crue sur l’état des finances publiques et la capacité du gouvernement socialiste à tenir ses engagements. En cause ? Des rentrées fiscales moins bonnes que prévu en 2013 qui remettent en cause le plan de redressement budgétaire promis par le chef de l’Etat et son Premier ministre.

En résumé, ces deux rapports annoncent qu’en 2013, la réduction du déficit a été plus faible que prévu (12,56 milliards d’euros) et que si la dépense publique a été globalement tenue, le surcroît de recettes fiscales, lui, n’atteint que la moitié du montant escompté, soit un trou de 14,6 milliards d’euros. Et les mêmes doutes planent sur le rendement des recettes fiscales pour 2014. La France est donc encore loin du bon compte et elle aura bien du mal à convaincre ses partenaires européens de la pertinence de ses choix et de sa sincérité.

La Nouvelle-Calédonie n’est pas dans les mêmes très mauvaises dispositions, mais à son niveau plus modeste, elle doit tout de même réussir là où l’Etat français a failli… dans cette capacité à dire la vérité à ses administrés et à bien leur expliquer que le remède, fut-il drastique et impopulaire, s’avère nécessaire pour éviter des lendemains qui déchantent. Ces refrains devront d’abord être entonnés pour les régimes sociaux avant probablement de s’étendre à d’autres priorités qui ont également besoin de véritables réformes.

La faute aux corporatismes et à cette douce tentation de la procrastination, l’Etat français n’a jamais été capable de dire la vérité et de prendre ses responsabilités au moment où le traitement aurait été sans doute moins rude qu’il ne le sera désormais. Avec leur petite marge de manœuvre, les élections passées, les élus calédoniens savent pertinemment ce qu’il ne faut pas faire. Il leur reste à prouver qu’ils sont capables maintenant d’adopter d’autres postures que celle de l’autruche.

Th. S.

Etre pourvoyeur d’emplois autorise-t-il tous les droits ?

Etre pourvoyeur d’emplois autorise-t-il tous les droits ?

La dernière fuite de l’usine du Sud et ses prolongements violents à Saint-Louis et sur le site de Goro n’ont pas tardé à nous ramener à une question essentielle qui dépasse d’ailleurs largement le seul cadre de Vale NC : sous prétexte des nombreux emplois créés, est-on au-dessus des lois ? Comme si les nouveaux dégâts environnementaux – ces quelques kilos de poissons grillés à l’acide – ne pesaient rien face aux milliards de francs versés chaque mois en salaires ou en contrats pour les sous-traitants… Comme s’il était nécessaire d’oublier ces nouveaux impacts d’une morne série devenue bien trop longue pour ne privilégier que les aspects financiers… Comme si, en résumé, il ne fallait penser qu’à l’immédiat, sans trop se soucier du reste, le nez dans guidon, incapable de voir plus loin.

Bien évidemment, on ne peut nier le poids économique de l’usine du Sud dans l’économie calédonienne, mais chacun est en droit aujourd’hui de contester l’attitude de cet industriel visiblement plus concerné par ses droits et privilèges que par ses devoirs et obligations. En outre, si Vale était une multinationale exemplaire, cela se saurait. Il y a tout juste deux ans, avant le sommet mondial sur le développement durable, un rapport portait des accusations lourdes et accablantes à l’encontre du géant brésilien. Selon une organisation – Articulation internationale des victimes de Vale (AIVV) – regroupant 30 mouvements sociaux au Brésil, en Argentine, au Canada, au Chili et au Mozambique, Vale aurait causé en 2010 des dégâts sur l’équivalent d’une superficie de 741,8 km². Surface sur laquelle on peut ajouter désormais la superficie acide calédonienne.

Dans ce contexte, il ne faut pas non plus occulter la faillite des institutions et organismes qui doivent surveiller de près ce grand complexe industriel. La Province sud et ses observatoires, mais aussi la DIMENC ou encore la Direction du travail ont-ils été réellement à la hauteur, capables de veiller et de prévenir comme il se doit ? Rien n’est moins sûr… Il est assurément plus juste de penser que le mastodonte brésilien fait sa loi et ne laisse guère de place aux contre-pouvoirs mis en place. Sinon, comment expliquer ces accidents à répétition, techniques puis humains, qui finissent toujours mal sous le regard consterné et désabusé de prétendus censeurs qui admettent parfois être un peu occultés voire méprisés.

Cette dernière fuite est-elle « l’accident de trop », comme l’avait déclaré Roch Wamytan lors du débat télévisé des provinciales sur NC 1ère ? Sans doute, mais s’il ne doit pas forcément condamner une usine à la fermeture, il oblige à une remise en cause pleine et entière de son organisation et de toutes les supervisions et autres vérifications. Il va sans dire que Vale NC ne peut plus continuer de la sorte, murée dans ses convictions et exemptée de la moindre autocritique. Il va sans dire que la Province sud et ses satellites doivent désormais être mesure de prouver qu’ils peuvent influer voire s’opposer à la multinationale. Sans de nouvelles postures, empreintes de franchise, et de nécessaires garanties en matière de sécurité et d’efficacité, il n’y aura pas de retour à la normale pour l’usine du Sud…

Th. Squillario

Les deux dernières inconnues du gouvernement levées

Les deux dernières inconnues du gouvernement levées

Le futur exécutif présidé par Cynthia Ligeard est maintenant clairement identifié. Sauf surprise de dernière minute, c’est Thierry Cornaille pour Calédonie ensemble et Valentine Eurisouké pour l’UNI qui devraient être les derniers arrivants. Composition…

 

Les onze membres du futur gouvernement Ligeard appelé à prendre la succession de l’équipe Martin sont donc maintenant tous dévoilés. On connaissait depuis quelques jours les neuf premiers noms : Gilbert Tyuienon, Jean-Louis d’Anglebermes et Anthony Lecren pour l’UC-FLNKS, Philippe Germain et André-Jean Léopold pour Calédonie ensemble, Cynthia Ligeard et Bernard Deladrière pour le FPU, Sonia Backes pour l’UCF, Dewe Gorodey pour l’UNI…

Il ne manquait plus que les deux derniers « ministrables », un Calédonie ensemble et un UNI dont les noms viennent d’être plus ou moins dévoilés. En effet, pour ce qui concerne le parti de Paul Néaoutyine, le choix s’est porté sur Valentine Eurisouké, ancienne mairesse de Houaïlou (2008-2014) et ancienne élue de la Province nord et du Congrès. Et du côté du parti de Philippe Gomès, la personnalité de la société civile serait Thierry Cornaille, l’ancien directeur de la SIC, qui a subi de plein fouet les heurts et malheurs de Saint-Louis, étant obligé, de retour d’un récent dîner sur Nouméa, de passer une nuit dans sa voiture à cause des blocages. Tous ces noms devraient être prochainement officialisés…

Th. S.

Saint-Louis : le calme après la tempête…

Saint-Louis : le calme après la tempête…

La réunion organisée mercredi à la Maison commune a visiblement apaisé les esprits les plus échaudés. Plus de 400 personnes étaient là pour échanger, s’expliquer et tenter de mieux se comprendre.

Après quatre jours de heurts, l'apaisement semble de rigueur du côté de Saint-Louis.

Après quatre jours de heurts, l’apaisement semble de rigueur du côté de Saint-Louis.

Il a fallu un certain temps, hier mercredi après le début de la réunion regroupant les chefferies du Mont-Dore, de Saint-Louis, de l’île Ouen et de Goro, pour que les discussions puissent s’engager dans un climat serein. En effet, les nombreux jeunes présents étaient sur des charbons ardents, toujours aussi déterminés et vindicatifs. Les coutumiers présents, parmi lesquels Roch Wamytan (pour Saint-Louis) et Aldo Moyatea, le fils de Robert (pour le Mont-Dore), ont d’abord rappelé les faits et le sens de cette décision d’accorder un délai de deux mois pour une remise à plat totale pour l’usine du Sud.

Sans doute que cette explication, les yeux dans les yeux, a permis à chacun de mieux appréhender la situation car « les jeunes n’avaient pas compris ce délai, ils ne voyaient pas les choses comme ça », nous a expliqué Aldo Moyatea. De plus, les coutumiers ont insisté sur le fait que ce n’est pas en caillassant les voitures ou en tirant sur les gendarmes, donc en se mettant à dos la population, qu’on trouve des solutions. Visiblement, une majorité de jeunes a bien perçu ces messages, même s’il y a toujours cette crainte de quelques irréductibles prêts à continuer sur cette même ligne belliqueuse. Aujourd’hui, le calme semble s’installer à Saint-Louis où le mot d’ordre est désormais de donner une information juste et correcte à tout le monde. Il était temps…

Th. S.