Le Haussaire nous apprécie, c’est réciproque

Le Haussaire nous apprécie, c’est réciproque

Lors de la réunion organisée par la Province sud pour faire le point sur Vale NC, Jean-Jacques Brot s’est souvent exprimé. Il a même profité d’une occasion pour nous faire un peu de pub…

 

Avec le représentant de l’Etat, il faut s’attendre à tout, même au plus incroyable. Ainsi, alors qu’il était confronté à un intervenant qui semblait lui reprocher certaines choses, Jean-Jacques Brot a balancé que son interlocuteur souhaitait sans doute le voir ailleurs, comme d’autres, pointant son regard dans notre direction. Un appel auquel nous avons répondu, entre deux photos, par un signe de la main, devant un public quelque peu surpris par cette parenthèse très « brotesque ».

Et puis lors d’une autre réaction à l’une des nombreuses questions posées, le Haut-commissaire a concédé, au sujet de la situation de l’usine du Sud, qu’il avait un avis personnel mais qu’il le donnerait seulement dans « le confessionnal de Squillario ». Il y a bien longtemps – en fait depuis Daniel Constantin (2002-2005) – qu’un représentant de l’Etat ne nous avait pas fait autant d’honneur. Et puis à la fin de cette réunion publique d’information, alors que nous écoutions religieusement Philippe Michel devant les caméras de NC 1ère, Jean-Jacques Brot est venu saluer votre serviteur.

Une poignée de mains franche et courtoise à l’issue de laquelle le Haussaire nous a demandé pourquoi nous le haïssions tant. Nos aurions apprécié de pouvoir expliquer longuement à notre prestigieux interlocuteur que critiquer ce n’est pas ne pas aimer, mais après avoir tempêté en balançant un nom – celui d’un de nos prétendus informateurs –, il s’en est allé… Vivement la prochaine entrevue avec cet homme qui, par certains côtés, nous fait penser à feu Jacques Lafleur. Lequel méprisait autant ses courtisans qu’il appréciait ses contradicteurs…

Th. S.

Engager la préparation d’un nouveau texte sur les armes

Engager la préparation d’un nouveau texte sur les armes

Par Philippe Gomès *

Monsieur le Premier ministre,

L’Etat vient de consulter les institutions locales sur un projet de décret réglementant l’achat et la détention d’armes et de munitions en Nouvelle-Calédonie.

Votre prédécesseur avait convenu que ce décret, rendu nécessaire par la réforme législative adoptée en 2012, constituait une bonne occasion de revenir sur les défauts de la réglementation actuellement applicable, qui date d’avril 2009, et qui a conduit à une multiplication par 3 des ventes d’armes et de munitions. Cette libéralisation, dans le contexte particulier de la Nouvelle-Calédonie, a en effet à juste titre été très critiquée localement, y compris par le haut-commissaire et la procureure de la République. On peut notamment s’émouvoir que le taux d’homicide par armes à feu soit aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie de l’ordre de trois fois celui de la métropole (8 homicides en 2013).

Je me réjouis que ce projet de décret prévoie de rendre obligatoire, lors d’un achat, la présentation d’un certificat d’assurance en responsabilité civile.

Toutefois, je constate que la principale mesure de ce projet vise à limiter le nombre d’armes et de munitions qu’une même personne peut détenir, ce qui ne répond en rien au problème posé. En effet, l’augmentation des risques tient plus à l’augmentation du nombre de foyers dotés d’une arme que d’une augmentation du nombre d’armes au sein d’un même foyer.

Je regrette donc que l’Etat n’ait pas entendu les demandes que j’ai formulées auprès du ministère des outre-mer, qui visaient à ce que seuls puissent acheter une arme de catégorie B ou C les personnes qui, d’une part, ont un casier judiciaire vierge et, d’autre part, produisent un certificat médical, délivré par un expert psychiatre, attestant de leur bonne santé mentale.

Je proposais que ces critères soient pris en compte dans l’instruction des demandes d’autorisation portant sur les armes de catégorie B et que, en ce qui concerne les armes de catégorie C, leur vente ne soit possible que sur présentation d’un récépissé délivré par les services de l’Etat, après que l’intéressé ait produit un extrait de casier judiciaire vierge et le certificat médical requis.

Je vous prie donc, Monsieur Premier ministre, de bien vouloir retirer le projet de décret mis en consultation, et de demander au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie d’engager la préparation d’un nouveau texte, en concertation avec les collectivités, la fédération de chasse, les clubs de tir sportif et les armuriers.

Comptant sur votre compréhension,

Je vous prie de croire, Monsieur Premier ministre, à l’expression de ma très haute considération.

* Député de la seconde circonscription.

Goa remet en question la tête de liste de Tyuienon

Goa remet en question la tête de liste de Tyuienon

Interrogé dans les colonnes de Demain, le président de l’Union calédonienne évoque les crispations entre le vice-président du gouvernement et le Haut-commissaire, mais aussi et surtout l’éventualité de changements sur la liste UC en Province nord…

 

 

« Cette histoire entre le Haussaire et Gilbert Tyuienon est une discussion qui a débuté à Canala, avec un raté sur la visite du Haut-commissaire dans la commune et depuis la tension est montée entre les deux, notamment au gouvernement. Donc c’est une histoire entre le Haut-commissaire, représentant de l’état et Gilbert Tyuienon, en tant que maire de Canala puis finalement en tant que membre du gouvernement. » Interrogé par nos confrères de l’hebdomadaire Demain, Daniel Goa estime donc que cette affaire ne regarde pas son parti.

Toutefois, lorsqu’on demande au président de l’Union calédonienne si ces tensions n’affectent pas les chances provinciales de son mouvement politique, M. Goa est plus direct. Il évoque même un certain malaise. « Cela a plus à voir avec le potentiel de l’UC au niveau de la Province nord. C’est aussi apparemment la personnalité de notre candidat qui gêne. Donc l’Union calédonienne est en train de regarder ce qu’il se passe et la dernière désignation de nos candidats sera le 12 avril. »

Et concernant le cas du maire de Canala, le président de l’UC est encore plus précis : « Si nous estimons que M. Tyuienon réduit nos chances de victoire ici en Province nord, nous prendrons les décisions qui s’imposent dans l’intérêt de l’Union calédonienne et non pas des personnes. Au sein de notre parti, c’est la politique de l’UC qui prime, pas les personnalités. » A bons entendeurs…

Th. S.

Le Haussaire se sent obligé de se justifier

Le Haussaire se sent obligé de se justifier
Le Haussaire est sur tous les fronts.

Le Haussaire est sur tous les fronts.

Décidément, avec Jean-Jacques Brot, il faut s’attendre à tout. Trois lignes dans l’édition du samedi des Nouvelles pour évoquer l’absence du Haussaire à une invitation australienne et voilà que le représentant de l’Etat réplique dans la foulée et se dit dans la ligne de mire du quotidien. Paranoïa ?

 

 

En page 7 de leur édition du 22 février, dans les textos, Les Nouvelles écrivent : « Colère. Invité à un dîner sur un navire étranger la semaine dernière, le Haut-commissaire Jean-Jacques Brot a refusé de se plier aux contrôles de sécurité et a rebroussé chemin. » Il n’en fallait pas plus pour que le représentant de l’Etat, plus que jamais sous le feu des projecteurs, prenne sa plus belle plume pour expliquer sa version des faits. « Une fois de plus, je suis pris en ligne de mire par Les Nouvelles : pourquoi ? Pour qui ? ». Excellente question, mais nous ne sommes pas persuadés que le quotidien s’acharne sur M. Brot. Bien au contraire…

Il n ‘empêche, le Haussaire a également déclaré qu’il tient à la disposition de tous les journalistes,  «  l’échange de lettres extrêmement amicales échangées avec Heidi Bootle, le 18, et après, la lettre d’excuses de la société Carnival, et je demanderai au membre  du gouvernement que j’aurais dû rejoindre au dîner à la table de Mme Bootle s’il veut bien donner sa version des faits « de l’intérieur » : son  accueil au gouvernement le lendemain a été plus qu’amical, ce qui, par parenthèse, contredit les rumeurs infondées qui circulent sur mon  « énervement » avant la réunion qui n’a pas pu se tenir, pour d’autres raisons : j’étais au contraire entouré de la chaleureuse amitié de  plusieurs membres du Gouvernement de toutes les tendances de la collégialité et donc, encore une fois, très heureux d’être avec eux. L’accident institutionnel qui a suivi relève d’une provocation qui m’a stupéfait. »

La faute à Matignon

Que s’est-il donc passé en début de semaine, la veille de l’incident avec Gilbert Tyuienon rue des Artifices ? L’explication de M. Brot : « Lundi 17 février au soir, je m’étais préparé à venir, accompagné d’un de mes fils, assister au  dîner auquel m’avait invité mon amie Heidi Bootle, Consule générale d’Australie à Nouméa. Toutes les formalités préalables avaient été accomplies dans la journée ; nous avions tout normalement remis nos passeports en échange de badges à l’entrée, accompagnés d’un agent du Consulat. Malheureusement, étant, au moment de passer sous le portique, en conversation avec un membre du cabinet du Premier ministre pour une question très urgente d’interprétation de la Jurisprudence Oesterlin sur la liste électorale spéciale,  je n’ai pas voulu – je le reconnais – me séparer de mon téléphone en passant sous le portique, ce qui a provoqué une réaction brutale de la part des agents de  la société de sécurité australienne privée du paquebot, en dépit de la demande expresse et renouvelée de l’agent du Consulat, qui avait compris l’importance de ma communication téléphonique. A partir d’un certain moment, c’est la représentation de la République française qui s’est trouvée entravée, contrairement à tous les usages diplomatiques, en pénétrant sur une  portion du territoire australien. »

La faute au corps électoral donc – sujet si polémique qu’il en vient même à perturber les cocktails et autres dîners – et à cet appel de Matignon pour en savoir plus une jurisprudence citée notamment par Mathias Chauchat. « Ayant alors préféré, non sans un mouvement d’humeur que je regrette, rebrousser chemin, j’ai reçu immédiatement un appel d’excuses d’Heidi Bootle. Plusieurs des invités m’ont dit le lendemain avoir été surpris de contrôles plus que tatillons. En temps ordinaire, je les accepte volontiers – et je défie quiconque de prouver le contraire! –, en la circonstance je ne pouvais  absolument pas transiger sur une question juridique cruciale pour les droits civiques des Calédoniens. »

 Nous pouvons donc être rassurés. Le représentant de l’Etat a fait de ces radiations de la liste spéciale une priorité, si prédominante aujourd’hui qu’elle peut même supplanter tout le reste…

Th. S.

Ce que devrait être le Haut-commissaire…

Dans un ouvrage qui fait référence, intitulé « Les institutions de la Nouvelle-Calédonie », François Garde, président de Tribunal administratif et fin connaisseur de la Nouvelle-Calédonie, évoque le rôle du Haut-commissaire et précise : « Sa présence aux réunions du gouvernement doit être multiforme : ni alibi, ni faire-valoir, ni partisan, il doit être référence juridique, source d’information, médiateur, acteur dans la recherche du compromis, garant de l’application du droit, négociateur permanent dans cet art calédonien de l’équilibre dynamique… » (p. 249)

Au lieu de ça…

On ne peut que conseiller au « gouverneur » Brot qu’il s’inspire de ces quelques orientations dans l’exercice de sa mission. Il ne semble en effet pas avoir intégré le fait que, sous le régime juridique et politique de l’Accord de Nouméa, le Haut-commissaire n’est ni l’exécutif de la Nouvelle-Calédonie, ni le préfet d’un département. A moins que les maladresses répétées, dont la dernière en date avec le vice-président du gouvernement, ne soient volontaires et participent d’une volonté de servir d’autres intérêts politiques que ceux du gouvernement français.

Haut-commissariat : la mystique de l’Etat… Beaucoup de communication mais peu de moyens

Le Haut-commissariat de la République nous informe qu’un chef d’Etat-major de la zone de défense et de sécurité vient d’être nommé, lequel affirme d’ores et déjà : « Nos forces sont à disposition ». Outre le fait que l’on peut se demander de quelles forces il s’agit – sans doute celles des FANC et de la gendarmerie –, on peut espérer que le Haussariat, qui ne dispose plus de moyens, ne reprenne pas à la Nouvelle-Calédonie le véhicule qu’il avait acheté juste avant le transfert de compétence de la sécurité civile pour l’attribuer au chef d’Etat-major.

Après quelques recherches, il apparaît qu’un avis de vacance de poste avait été publié le 13 décembre 2013 pour recruter un commandant de sapeurs-pompiers chargé notamment de la planification ORSEC zonale, de la coopération civilo-militaire et de l’assistance au préfet de zone en matière de sécurité civile. Cet avis de la fin de l’année dernière ne vas pas jusqu’à préciser que le candidat sélectionné serait le commandant Préault, mais tout le monde à Nouméa savait déjà, tant Jean-Jacques Brot avait vanté les mérites de M. Préault, cet officier de sapeurs-pompiers avec lequel le Haut-commissaire « a fait Xynthia ». De là à penser que la publication de l’avis de vacance de poste était de pure forme, tout étant déjà joué d’avance, il n’y a qu’un pas…

Mais au fait, chef de quel Etat-major ? Nulle trace dans l’organigramme du Haut-commissariat d’une telle structure, dont on ne connaît pas la composition. A titre d’exemple, l’Etat-major de zone de défense et de sécurité de Polynésie française, c’est huit personnes. Combien en Nouvelle-Calédonie ? Mystère… Mais le commandant nous explique très sérieusement qu’il est responsable des accords Franz qui consiste à venir en aide à nos voisins en cas de catastrophe naturelle. A moins que ce ne soit le contraire, l’Australie et la Nouvelle-Zélande disposant de moyens beaucoup plus importants que l’Etat français pour agir dans ce domaine.

Comme l’avis de vacance de poste du 13 décembre 2013 rappelle que la loi organique « prévoit un pouvoir de substitution d’action du préfet de zone dans les cas où les autorités de la Nouvelle-Calédonie n’auraient pas pris toutes les mesures nécessaires visant à assurer la sécurité civile après mise en demeure de celles-ci », on peut supposer que Jean-Jacques Brot trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir mettre en œuvre ce pouvoir, et la mise en demeure est sans doute déjà rédigée afin de l’envoyer au gouvernement au moindre manquement de sa part. Il ne faudrait quand même pas qu’on s’imagine que les transferts de compétences s’apparentent à un désengagement de l’Etat.

Th. Squillario

Lu dans Les Nouvelles du jour

Un bel hommage à Jean-Robert Monnier, l’ancien dirigeant du karaté et élu de la mairie de Nouméa. D’ailleurs, Jean Lèques et Gaël Yanno se sont empressés de saluer cet adjoint au maire aussi discret que travailleur et efficace.

Bizarrement, le quotidien de ce mercredi 19 février ne parle pas du clash survenu hier matin au gouvernement entre le Haut-commissaire et Gilbert Tyuienon. Un sujet tabou pour la rédaction des Nouvelles ? Qui ne pourrait donc pas traiter de tous les sujets d’actualité, même ceux où on ne retrouve pas forcément le drapeau indépendantiste ? Il y a matière à réflexion, d’autant que tout le monde, et sur les radios et sur les écrans télé et sur la Toile, a parlé de cette affaire.

Sinon, rien de bien stupéfiant dans cette édition… Une vacuité qui explique peut-être la baisse des ventes de ce journal, entre 10 et 14% depuis de nombreux mois. Toutefois, les mêmes tendances sont aujourd’hui au rendez-vous pour les grands quotidiens de la presse française, dont les ventes chutent également, à la notable exception de La Croix. Enième signe de l’évolution d’un monde qui doit désormais composer avec Internet et sa réactivité.

Th. S.